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ROUBAIX / HYGIÈNE ET SANTÉ (2/2)

Ils traquent l'habitat indigne...

Ci-dessus et ci-dessous à gauche, dans une courée. L'entrée n'est pas aux normes et donc difficile d'accès pour les pompiers en cas d'incendie; un égout à ciel ouvert file le long des habitations. CI-dessous à droite, une installation électrique originale Ci-dessus et ci-dessous à gauche, dans une courée. L'entrée n'est pas aux normes et donc difficile d'accès pour les pompiers en cas d'incendie; un égout à ciel ouvert file le long des habitations. CI-dessous à droite, une installation électrique originale

La lutte contre l'habitat indigne, insalubre ou indécent concerne 80 % des affaires traitées par le service communal d'hygiène et de santé. Une traque quotidienne menée par sept inspecteurs sectorisés qui a évolué avec le temps et qui est parfois lourde à porter.



DELPHINE POMMIER > delphine.pommier@nordeclair.fr
Au service communal d'hygiène et de santé de Roubaix, 6 000 dossiers sont ouverts chaque année dont 1 500 pour la CAF et 1 500 dans le cadre de la déclaration préalable à la mise en location. Parmi ces 6 000 dossiers, 900 font l'objet d'un règlement sanitaire départemental.
La traque de l'habitat indigne représente 80 % de l'activité du service. Une traque quotidienne qui a évolué au fil des décennies.


« L'état de l'habitat est contrasté. On peut affirmer que l'habitat qui fait l'objet de contrôles s'est amélioré, assure Claude Dujardin, directeur du service, mais une nouvelle forme d'insalubrité est née de la division des immeubles en appartements. Elle est pour l'essentiel liée à des problèmes électriques, les plus insidieux et aussi les plus dangereux. » Une évolution qui a incité le service roubaisien à aller plus loin dans ses démarches. « Depuis trois ans, on développe un panel de procédures et d'arrêtés. Et puis, la volonté de la Ville est de s'engager davantage encore dans cette voie. Ainsi, le maire peut se substituer au propriétaire défaillant et engager des travaux d'office à la charge du propriétaire. Un premier cas sur Roubaix existe, rue Cuvier. Le dossier est en cours. On a aussi développé nos partenariats entre autres avec ErdF. C'est une spécificité du service communal d'hygiène et de santé de Roubaix », souligne Claude Dujardin.
Ce dernier a rencontré le responsable d'ErDF : « On s'est rendu compte lors de la visite d'un bâtiment qu'il y avait un vrai risque. On s'est demandé comment travailler ensemble. En septembre, ErDF a même prévu une formation pour nos inspecteurs. Exceptée, une inspectrice-diététicienne, ce sont tous des généralistes », ajoute le directeur du service. Des généralistes parfois confrontés à des situations compliquées techniquement comme humainement. D'autant plus que souvent il faut expliquer aux gens la signification exacte des mots : « L'habitat indigne se compose de différents cas », avance Claude Dujardin. À chaque cas, une procédure et des droits et responsabilités différents pour les intervenants (propriétaires, locataires et collectivité : mairie ou préfecture). Ainsi, un immeuble menaçant ruine sera de la responsabilité du maire alors qu'un immeuble déclaré insalubre dépendra du préfet.

Beaurepaire, l'électrochoc
« Souvent, les gens qui nous sollicitent utilisent à tort généralement le terme d'insalubrité. Il existe une grille d'évaluation pour qu'un immeuble soit déclaré insalubre », explique Claude Dujardin. « Boulevard Beaurepaire, l'immeuble n'était pas insalubre. Mais, cet incendie a été un véritable électrochoc pour le service et ça nous a aussi fait avancer. On s'est posé beaucoup de questions. Cette affaire nous a également fait mesurer la cohésion du service et avec les élus », reconnaît Claude Dujardin qui préfère se souvenir de plus belles histoires. Comme celle d'une personne clochardisée installée dans une maison. « Il disait garder les âmes de cette habitation. On a fait une enquête pour retrouver sa famille. Environ 40 heures de boulot ont été nécessaires dans cette affaire. Il a été soigné, placé dans une maison thérapeutique et tout s'est bien terminé. » Claude Dujardin se souvient aussi de cette affaire plus délicate ; dans laquelle son service avait fait retirer 6 m³ d'ordures ménagères dans une habitation où vivait une mère avec ses enfants. « Elle refusait le travail social. On a dû procéder au signalement pour les enfants », reconnaît Claude Dujardin. Une décision difficile : « On se demande toujours si on a pris la bonne. »w


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