Violences urbaines à l'Épeule : le ras-le-bol
Publié le mardi 24 août 2010 à 06h00
Une fois de plus, le mobilier urbain a été le premier a souffrir des violences qui ont touché le quartier ces samedi et dimanche.
Suite à la vague de violence qui a touché l'Épeule ce week-end après l'accident de moto d'un jeune du quartier, habitants et commerçants déplorent une situation invivable qui dure depuis trop longtemps. Au-delà de la colère, c'est la peur qui semble s'être installée dans le quartier.
BRUNO DECOTTIGNIES > roubaix@nordeclair.fr
« C' est quand même bien malheureux », peste un vieil homme rue des Ogiers, à quelques mètres de l'endroit où, samedi soir, une voiture a été incendiée. Installé dans le quartier depuis une dizaine d'années, souhaitant rester anonyme, il admet sans problème avoir peur.
Un sentiment qui semble toucher beaucoup de monde à l'Épeule, même si peu osent le dire. Notamment chez les commerçants, qui pour la plupart ont déjà connu leur lot de dégradations lors des précédentes nuits d'agitation qu'ont connu les environs. « Je fais partie du quartier, vous comprendrez que je ne souhaite pas prendre de risque » répond ainsi le responsable d'une enseigne aux journalistes venus lui demander de témoigner.
Le dernier cri : le rideau métallique
Il admet cependant s'être fait plusieurs fois fracasser sa vitrine, mais n'avoir plus de problème depuis qu'il a installé des rideaux métalliques.
La dernière mode rue de l'Épeule.
« Je suis intégré au quartier, je ne suis pas trop visé. Le magasin d'en face qui a été attaqué ? Peut-être un bizutage, il est nouveau plaisante-t-il d'un rire crispé. Ce qui me chagrine le plus, c'est pour la boulangerie, ils sont installés depuis peu, sont actuellement en congés, et ça n'est pas la première fois qu'ils subissent des dégâts » ajoute-t-il, affirmant ne pas avoir été là ce week-end et n'avoir rien vu.
Un peu plus loin, un autre commerçant installé depuis 1959 semble peu à l'aise face aux questions. « Ça fait peut-être dix ans que ça dure, de temps en temps. Il suffit de tirer le rideau et on oublie qu'on est à Roubaix. Je n'ai donc rien vu, je n'ai rien à dire ».
Un peu plus loin toujours, un employé de boucherie met en bloc les événements sur le dos de la police. « Je n'ai pas vu ce qui s'est passé samedi soir, mais dimanche après-midi, tout était calme et tout d'un coup les policiers ont débarqué, c'était comme la guerre. Il paraît que c'est dû à un jeune qui a eu un accident de moto. Je le connais lui et sa famille, ce sont des gens bien, il est ingénieur à Paris, ça n'est pas un voyou. Il aurait été contrôlé déjà deux fois par la police dans la soirée, et aurait refusé de s'arrêter à la troisième ». Difficile de voir en quoi ça légitime un tel déchaînement de violence...
Peur des stigmatisations
À l'association Espoir, qui emploie de nombreuses femmes du quartier en insertion, c'est l'exaspération qui domine. « Ce matin elles sont arrivées catastrophées, parlant d'un enfant écrasé par la police. J'ai été acheter le journal et leur ai expliqué que c'était une rumeur, leur ai dit ce qu'on savait et ce qu'on ne savait pas de cette affaire. Elles étaient exaspérées par l'attitude des jeunes du quartier. Pour la plupart maghrébines, elles ont peur que ces agissements stigmatisent leur communauté. J'imagine que quand on n'a rien comme perspective, on fait facilement des bêtises. Mais là quand même, ils y vont vraiment trop fort ! », dit Françoise Valter, présidente de l'association.w


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BISMARK59 : C'est classique pour tous les partis. On doit suivre...
QUID : Z. L'KASSIMI DAHMANI n'a rien à dire...On a le profil...
QUID : Tout cela c'est bien beau, mais que fera Z.L' Kassimi...
citospopulos : Depuis plusieurs années Mr TARDY occupe des responsabilités...