Isabelle, l'authentique
Publié le mercredi 21 avril 2010 à 06h00
Isabelle Houbart dans son cabinet de Marcq-en-Baroeul, intervient aussi dans des centres sociaux, auprès des jeunes...
Son parcours n'a pas toujours été un long fleuve tranquille. Et puis, il y a eu la sophrologie. Isabelle Houbart a choisi d'en faire son métier et d'en faire partager toutes les couches de la population. À Roubaix, elle intervient dans les centres sociaux de l'Alma et du Fresnoy.
DELPHINE POMMIER > delphine.pommier@nordeclair.fr
« J'ai eu la chance de faire une grave dépression à 30 ans et d'avoir une fille handicapée. » Devant chacun de ses nouveaux patients Isabelle Houbart démarre toujours ainsi chacune de ses séances, « parce que je ne suis pas celle qui sait. Je suis comme tout le monde ! Il faut être authentique. »
Sur la route de la dépression
La vie pourtant avait plutôt bien démarré pour Isabelle. « Je réussissais tout ». Une maîtrise en sciences éco, un mariage, des enfants, un boulot. Tout roulait... jusqu'au jour où Isabelle craque. Angoisse, mal à la nuque.... « Un jour, je n'ai plus réussi à prendre ma voiture pour aller bosser ». Isabelle tombe en dépression. Deux ans de galère. « Mon médecin ne savait plus quoi faire. Il m'a conseillé un psy ». L'expérience échoue. « Le côté "parlez-moi de votre mère" », elle hausse les sourcils. Au mariage de son frère, on lui parle de sophrologie. Dix séances plus tard, les noeuds se dénouent, « j'ai réussi à comprendre alors, que j'étais fière de réussir ma famille plus que ma carrière. » Le début d'une vie nouvelle pour Isabelle qui crée une association avant de s'installer en sophrologue libérale. « J'ai un master spécialisé en sophrologie caycédienne », souligne-t-elle. Une précision d'importance. Pour exercer selon la méthode de Caycedo*, Isabelle possède une carte professionnelle et doit tous les trois ans suivre un stage de formation en Andorre sous peine de perdre sa carte et le droit d'exercer cette sophrologie.
À la rencontre de public
en difficulté
Ce qu'Isabelle préfère c'est le travail en groupe qu'elle juge plus épanouissant. Et davantage encore la rencontre avec des publics différents. Cela fait maintenant 8 ans qu'elle intervient au centre social de l'Alma (lire ci-dessous) et 4 ans au Fresnoy. Une de ses plus belles expériences : des séances avec des jeunes de 5e en Segpa au collège Rouges-Barres de Marcq-en-Baroeul. « Je n'oublierai jamais. Je leur explique que la sophro sert à être bien dans sa vie. Un jeune me répond qu'il y a la drogue pour ça. Je venais de perdre mon père d'un cancer des poumons. Je lui ai expliqué que c'était dur d'accompagner quelqu'un dans la souffrance. Et puis, le miracle, une gamine qui avait aussi perdu son père de la même maladie, a pris la parole.
Elle s'est libérée de ce fardeau qu'était la mort de son père. Elle était sauvée ! » De ces expériences-là, Isabelle ne pourrait s'en passer. « J'ai refusé des boulots en entreprise pour être près de ces publics.
» L'an dernier, elle a été approchée pour intervenir auprès d'un public d'hommes en grande difficulté au CCAS de Lambersart.
« J'ai appris le monde des Sdf, c'est la jungle. Mais, les gens peuvent changer. La sophro c'est un bel outil et un si beau métier ! » w *Alfonso Caycedo né en novembre 1932 à Bogota, Colombie, est le fondateur de la sophrologie.


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