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ROUBAIX

À 20 ans, Élisabeth est déjà une « dure à cuir »...

Elisabeth Glorian, une meilleure apprentie de France qui ne demande qu'à progresser encore dans son art: la maroquinerie. Elisabeth Glorian, une meilleure apprentie de France qui ne demande qu'à progresser encore dans son art: la maroquinerie.

Cette jeune Leersoise dont la famille demeure rue Jules-Ferry a été consacrée meilleure apprentie de France dans un métier mal connu : la maroquinerie. Le mois prochain, elle commencera à travailler pour Hermès avec l'ambition de devenir meilleure ouvrière de France.




Elle ne s'attendait certes pas à se retrouver un jour sous les lambris dorés du Palais du Luxembourg, congratulée par Gérard Larcher, le président du Sénat. Il y a trois ans quand, élève de seconde à Zola, elle décida de mettre un terme à ses études pour entrer en apprentissage, Élisabeth Glorian n'imaginait pas qu'elle deviendrait une « étoile » dans le domaine de la maroquinerie. Son frère, avant elle, avait lui aussi opté pour l'apprentissage. Il était entré chez les Compagnons du devoir pour se former à la plomberie, approfondissant sa formation au fil de son Tour de France.
C'est lors d'une journée portes ouvertes chez les Compagnons à Villeneuve d'Ascq où elle passa des tests en février 2007 que Stéphanie à son tour succomba à l'appel de l'apprentissage. Petite fille, elle appréciait la couture. Au point qu'à un de ses anniversaires ses parents eurent l'idée de lui offrir une machine à coudre. « Et puis maman a toujours été une dingue des sacs à main, j'ai opté pour la maroquinerie. Il y a peut-être de la génétique dans ce choix. »


De la peausserie au montage
Pour s'initier à ce métier, la jeune Leersoise a dû consentir à s'expatrier. À Marseille où les Compagnons du devoir disposent d'une section maroquinerie et, parallèlement, à Issoudun où Louis-Vuitton a implanté une usine. Deux semaines de formation pratique à Marseille pour six semaines de formation en atelier à Issoudun. « En fait chez Louis-Vuitton c'est de la production industrielle. Je n'ai pas eu l'occasion de réaliser de A à Z un article. En revanche, j'ai pu tourner à tous les postes de la peausserie au montage. C'est également très formateur... On pourrait croire que la maroquinerie et la couture c'est un peu la même chose, mais les techniques sont différentes : en couture, on utilise des patrons en papier ; en maroquinerie ce sont des gabarits en carton. Et puis, on se sert de peaux de toutes sortes qui ne sont pas toujours faciles à travailler. Se servir d'une alêne, ça demande beaucoup plus de force dans les doigts que de se servir d'une aiguille. » Pour le concours de meilleure apprentie de France, Élisabeth qui s'était inscrite par internet en novembre 2008 a dû réaliser en 36 heures un sac « volant ». Quinze de ses camarades de promotion au centre des compagnons de Saint-Barnabé étaient également en compétition. Avec une note de 18,3, la Nordiste se retrouvait pourtant championne de PACA et titulaire du titre national.

Chez Hermès le mois prochain
Élisabeth Glorian, passionnée par son métier, en est même venue à oublier que par le passé elle adorait la danse : durant huit ans, elle a pratiqué le classique et le modern-jazz. Son titre de meilleure apprentie de France la fait rêver à présent à un autre titre, celui de meilleur ouvrier de France. La consécration ! Quelque chose comme la Légion d'honneur de l'artisanat ! « Il faut que j'attende d'avoir 25 ans. Et puis le concours est plus relevé que celui de MAF. C'est trois articles qu'il faut réaliser. » Dans l'immédiat, Élisabeth a été prise sous l'aile protectrice d'un maroquinier en retraite de la région parisienne qui a travaillé pour Chanel, Dior et Hermès. Olivier Monceau, lui même ancien MOF, a décidé de la faire travailler dès le mois prochain dans son atelier pour le compte d'Hermès et de la faire profiter de sa longue expérience.
En dépit de ce remarquable démarrage professionnel, la jeune femme garde les pieds sur terre : certes la tentation est grande de se mettre un jour à son propre compte. « Mais ce n'est pas conseillé dans le domaine du luxe de partir à l'aventure. Je préfère travailler pour une grande marque comme Hermès pourquoi pas comme styliste modéliste ou comme styliste prototypiste. »w


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