Pourquoi un musée du textile à l'Union ?
Publié le samedi 13 mars 2010 à 06h00
Des anciens du textile réclament un musée à l'Union. Un musée ou un centre historique ? Ce n'est pas la première fois que la question est posée. Une étude est en cours. Mais pour faire quoi ?
JEAN-FRANÇOIS REBISCHUNG > jf.rebischung@nordeclair.fr
À Tourcoing, rue de l'Europe, les anciens du peignage fermé en 2004 ont installé le siège de leur association dans une ancienne salle de classe transformée en mini-musée, après le Printemps de la Tossée de 2006. Jeudi, des collégiens de Roubaix débarquent avec leur prof d'histoire. Les ex-salariés racontent la leur. Les élèves touchent la laine et apprennent toutes les étapes qui ont rythmé le quotidien de leurs grands-parents. Une semaine plus tôt, leurs guides du jour manifestaient pour réclamer la construction d'un musée à l'Union, dans les anciens locaux de la Tossée. Ils veulent aussi créer une scop, pour produire à nouveau du textile, et surtout, « rappeler la mémoire ouvrière ».
Ancien maire de Tourcoing, Jean-Pierre Balduyck a été missionné par la communauté urbaine pour étudier la question. Il a visité les musées textiles de la région et se rendra bientôt en Allemagne, dans la Ruhr. Là où la mine Zollverein est classée patrimoine de la culture par l'UNESCO. Pour l'ancien maire, « il est impensable qu'une métropole ne prenne pas les moyens de réaliser un lieu de mémoire. » L'expression est lâchée. Et fait tout de suite penser au centre historique minier de Lewarde. Mais l'évocation du passé peut-elle suffire ? « Ce qui se fera sur le centre européen des textiles innovants (en construction à l'Union, ndlr), c'est dans ce musée qu'on le verra ».
Le temps passe
« Faute d'usine, on fait des musées », commence par dire André Beirnaert. Le président de l'Union des industries textiles du Nord et porteur du CETI n'est « pas contre l'idée ». Mais il se pose « la question de son financement ».
René Vandirendonck le rejoint. « On n'aura jamais les finances pour créer un troisième musée du textile dans la région », disait le maire de Roubaix la semaine dernière, avant semble-t-il de changer d'avis (lire l'encadré). Jean-Pierre Balduyck rendra son rapport avant l'été, « avec le coût de la construction et de fonctionnement ».
Mais aussi la préfiguration du musée. « Car c'est maintenant ou jamais qu'il faut recueillir les témoignages. » Le temps passe. Et ce n'est pas la première fois que l'idée est portée (lire ci-contre). Il faut dire que la « matière » ne manque pas. Conservateur au musée d'histoire locale de Tourcoing, José Barbieux stocke outils et machines depuis des années. « Il reste une génération capable de savoir à quoi ils correspondent », insiste-t-il. Et rappelle : « Ici, le record à battre c'est l'exposition sur le mouton et la laine ». Le CHL a d'autres trésors. Notamment sur les entreprises dérivées du textile.
Des musées du textile : il en existe déjà à Roubaix, Calais ou Fourmies. Chacun a sa spécificité. « Il faudra incontestablement un réseau » , dit l'ancien maire. Son centre s'imposerait-il à l'Union ? « Les étudiants en textile d'aujourd'hui pourraient y réfléchir à l'avenir, en regardant ce qui se faisait dans le passé », avance l'historien tourquennois Peter Maenhout.
Mais quand ce centre ou ce musée verrait-il le jour ? Dans 10 ans ? Quand le nouveau quartier de l'Union sera complètement sorti de terre ? Dans leur salle de classe, les anciens salariés de la Tossée, qui pour bon nombre n'ont toujours pas retrouvé de travail, sont plus pressés que ça...w


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jeanALille : moi ça me rappelle la scène dans le film Intouchables...
sainte justice : Plus de 40% des soit disantes "Réformes" de L'U M P depuis...
emilie06 : Veuillez s’il vous plait rectifier certaines confusions...
contribuable : ça arrangerait il le LOSC qui n'aurait pas le "stade...