Comité de quartier : la tourmente
Publié le samedi 13 mars 2010 à 06h00
Ne parvenant plus à joindre les deux bouts et ne pouvant plus assurer le salaire du permanent habitant, Raymond Plateau menace de mettre la clé sous la porte. « Ne nous demandez pas de nous comporter en patrons de multinationales », a-t-il lancé aux élus.
Après le Sartel-Carihem, c'est au Pile que Pierre Dubois, Serge Takenne et Fabrice Belin ont joué les punching-balls jeudi matin. C'est en effet à un comité de quartier particulièrement remonté qu'ils ont fait face. Il faut dire que le comité a la désagréable impression de se retrouver la tête sous l'eau. La mise en redressement judiciaire est même clairement évoquée : « On a 7 000 E de dettes fiscales. Comment continuer à financer le poste de permanent habitant ? Dominique Dumontet n'a pas perçu son salaire de février », indique Raymond Plateau, fondateur du comité en 1983 et vieux routier de la démocratie participative.
Aux élus qui donnent l'impression de faire le dos rond, celui qui se considère comme le « Roger Sinko du Pile » assène un peu théâtralement : « C'est à nous bénévoles que vous demanderez de nous conduire comme les patrons des multinationales, de sacrifier l'humain au profit de la rentabilité. Comme Ponce Pilate, vous vous lavez les mains ! » Image biblique qui colle assez bien avec le décor de la Solidarité où a lieu l'assemblée générale.
Pierre Dubois est assez pressé. Il doit partir illico à la communauté urbaine où se tient une importante réunion qui a justement trait au Pile et à l'inscription de ce quartier au programme national de requalification des quartiers anciens dégradés. Il promet de vastes changements dans les sept années à venir, réaffirme l'attachement de la municipalité à ses comités de quartier et souligne que la richesse du quartier c'est sa diversité.
L'adjoint est parti mais que n'a-t-il pas dit là ? Aïcha, cheville ouvrière de la Solidarité, née au Pile il y a 37 ans se demande où Pierre Dubois peut voir de la diversité. « Il y en avait peut-être quand je suis née. Il y avait encore des commerçants "blancs" rue Jules-Guesde avec des charcuteries, des crémeries, des pâtisseries. Il n'y en a plus. On a fait de notre quartier un ghetto de pauvres », assure la jeune femme qui prétend par ailleurs avoir alerté la municipalité sur les risques liés à un immeuble locatif du boulevard Beaurepaire bien avant que ne s'y déclare le tragique incendie d'août 2006.
Nawal Badaoui, présidente du comité et ancienne conseillère municipale ne mâche pas ses mots : « Les bénévoles en mairie sont considérés comme de la m... » Serge Takenne et Fabrice Belin ont eu toutes les peines du monde à réaffirmer leur attachement aux comités de quartier. Le second a concédé que le versement de la moitié de la subvention 2010 (identique à 2009) avait pris quelque retard mais qu'il ne devrait pas tarder à être honoré par le Trésor public, il a insisté qu'en dépit de quelques désaccords « qui ne sont pas insurmontables » avec le comité, le poste de permanent habitant n'est nullement remis en question. Raymond Plateau souhaiterait au plus vite un tour de table entre la Ville et les comités des quartiers est (Sartel-Carihem, Pile, Sainte-Elisabeth, Trois-Ponts) afin de mettre les choses au clair. Pierre Dubois nous confiait jeudi après-midi qu'il est lui aussi partisan de ce tête-à-tête.w



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jsr : Je suis d'accord avec vous.
Noob : En tous cas, comme il s'agit d'une prof de lettres,...
jeanjean59 : je suis d'accord avec toi ! mais là on ne parle...
jeanjean59 : je suis d'accord avec toi, mais là on ne parle...