Une avocate harcelée
Publié le jeudi 04 mars 2010 à 06h00
À dire vrai, Mustapha O., un Roubaisien âgé de 31 ans, ne semble pas avoir toute sa tête. Il était tombé amoureux d'une avocate dont il avait vu la photo dans Nord éclair.
DIDIER SPECQ > didier.specq@nordeclair.fr
Nathalie X. (ce n'est pas son vrai prénom) avait donné son point de vue dans Nord éclair. Mustapha O. avait été séduit immédiatement par les propos et l'image de la jeune avocate qui loue des bureaux à Roubaix. Le 13 août dernier, l'homme se pointe immédiatement à son cabinet, voit l'avocate et lui déclare illico : « Vous êtes encore mieux au naturel que sur la photo ». Suit un entretien professionnel dont la logique, que le président Hoc Pheng Chhay a essayé de discerner, n'est guère évidente. Mustapha O. s'embrouille : « Elle m'a parlé de la mafia calabraise, puis du Kurdistan, je n'ai rien à voir avec ça, je ne suis pas turc, je suis algérien ». L'avocate explique que, ne comprenant rien aux demandes de son étrange client, elle avait mis fin à l'entretien au bout d'un quart d'heure.
Des flacons de parfum, des robes sur le capot de la voiture
Mais le prévenu veut absolument voir et revoir l'avocate. Il fait le pied de grue devant son cabinet, téléphone à de multiples reprises, glisse des petits mots sous les essuie-glaces de la voiture de Nathalie X. Comme l'avocate ne répond toujours pas aux attentes de Mustapha O., ce dernier passe à la vitesse supérieure. Des appels menaçants, des filatures dans la rue. Ceci dit, le prévenu tente encore d'être charmant : il dépose sur le capot de la voiture de l'avocate, au fil des jours, des flacons de parfum, deux robes, des trousses de maquillage.
À plusieurs reprises, c'est aux environs du tribunal de Lille que l'action se transporte. « Je le voyais de loin et je faisais tout pour l'éviter mais, évidemment, c'est facile de savoir que je me rends souvent au tribunal » expliquera l'avocate aux policiers lorsqu'elle déposera plainte le 12 novembre. Hier encore, le prévenu s'étonne : « Quand je cherchais à lui parler, elle faisait semblant de ne pas me voir ». Le président se fait pédagogique : « Vous comprenez que c'est du harcèlement, que ce n'est pas possible de téléphoner comme ça sans arrêt ? Vous regrettez ? » Le prévenu acquiesce.
Me Charles-André Lefebvre, partie civile, insiste : « Vous comprenez bien qu'elle n'est pas amoureuse de vous ? » Et l'avocat d'ajouter : « C'est une consoeur mais c'est aussi une amie. Et je puis vous dire qu'elle est très gaie, très vive, très incisive. Mais, là, avec ce harcèlement continuel, elle semblait toujours sur le qui-vive ». Le procureur Michel Isbled approuve et demande quatre mois de prison avec sursis et mise à l'épreuve. Me Carlos Da Costa, en défense, minimise mais la sanction qui tombe est bien de quatre mois avec sursis et mise à l'épreuve.w



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jsr : Je suis d'accord avec vous.
Noob : En tous cas, comme il s'agit d'une prof de lettres,...
jeanjean59 : je suis d'accord avec toi ! mais là on ne parle...
jeanjean59 : je suis d'accord avec toi, mais là on ne parle...