Lettre à Alphonse Salafia
Publié le samedi 19 décembre 2009 à 06h00
Le poète hémois Alphonse Salafia expose textes et livres objets à la librairie roubaisienne Les Lisières jusqu'au 22 décembre. Un rendez-vous, une invitation au pays des mots un peu chagrins, un rien mutins.
MARIG DOUCY > marig.doucy@nordeclair.fr
Vous a-t-on dit que vous réconciliez les mots les plus simples et les sentiments les plus universels avec une sensibilité désarmante ? Vos poèmes sont un pont entre le commun des mortels et les lettres.
Ils mettent rimes et prose à la portée de tout à chacun. Du coup, vos histoires d'un jour, vos histoires de toujours sont accessibles au plus grand nombre.
Vos textes sont une fenêtre sur le monde, ouverte avec grâce et prudence.
Un monde décrit dans toute sa dureté mais avec douceur et bienveillance. Et vous évitez l'écueil de la mièvrerie. Pas toujours évident quand on pénètre dans le dédale des fluctuations humaines. Que vous pressentez et rapportez avec finesse. Tout en filigrane. Le jeu de l'amour et de la haine devient de la dentelle que chacun recompose avec subjectivité.
Et vous, vous doutez. De votre talent, de votre vocation. « J'ai cru que je pourrai en vivre, j'ai été déçu lorsque j'ai compris que ce n'était pas possible, confiez-vous. Je ne sais pas me vendre, me mettre en valeur. » Pourtant, vous avez été récompensé à plusieurs reprises. En 1994, le concours « C'est pas tout rose et violette » vous attribue un prix pour vos poèmes Mourir ouvrier d'un coup d'usine et J'écris bleu de travail au coeur de l'usine. Le thème ? Le monde du travail...
Que vous connaissez.
Car vous n'êtes pas de ces poètes ermites, recroquevillés dans leurs coquilles. « J'ai arrêté l'école à 17 ans et suis rentré à la Lainière. J'y ai travaillé pendant 15 ans, jusqu'à la fermeture. J'ai été licencié en 1990 ».
Mais là déjà, votre goût pour les lettres vous a poussé à vous occuper de la bibliothèque du comité d'entreprise. Et incité à proposer à la médiathèque de Roubaix des rencontres poésie le samedi.
Alors lorsque vous perdez votre emploi, c'est tout naturellement que vous proposez votre candidature à la médiathèque. Vous y exercez jusqu'en 1994. De 1994 à 2003, vous êtes au service d'une autre structure à Lys-lez-Lannoy. Puis réintégrez la médiathèque de Roubaix.
Encore des prix
En 1999, votre travail littéraire est de nouveau mis à l'honneur. La Belle et le Shérif reçoit le premier prix de la nouvelle de Loos-en-Gohelle. En 2005, le prix de poésie Louis Amade salue le texte Au fond du couloir à droite. On y retrouve vos angoisses, vos rêves, votre vision du monde.
Vous écrivez depuis l'âge de 16 ou 17 ans, qu'importe. Votre inspiration, vous la puisez partout. Dans l'actualité, comme au plus profond de vous-même. Vous ne cherchez pas à être la pâle copie d'un Rimbaud ou d'un Baudelaire. C'est simple, vous lisez peu et l'avouez sans détour.
En 2008, c'est la crise, vous vous remettez en cause. Puis relancez de plus belle moult projets : les livres objets font leur retour, vous imaginez des « poetry shirts », multipliez les collaborations... Ce mois-ci, vous exposez. Vous vous exposez. Aux remarques mesquines, aux flatteries mais aussi aux félicitations les plus sincères. Rejetez les unes, acceptez les autres, elles sont méritées.w « Une vie de poète », jusqu'au 22 décembre, Librairie Les Lisières, 32 Grand Place.


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BISMARK59 : C'est classique pour tous les partis. On doit suivre...
QUID : Z. L'KASSIMI DAHMANI n'a rien à dire...On a le profil...
QUID : Tout cela c'est bien beau, mais que fera Z.L' Kassimi...
citospopulos : Depuis plusieurs années Mr TARDY occupe des responsabilités...