La Caisse d'allocations familiales change son fusil d'épaule
Publié le vendredi 13 novembre 2009 à 06h00
La Caisse d'allocations familiales a choisi de mieux accompagner les bénéficiaires du RSA ainsi que les familles monoparentales avec des enfants en bas âge ce qui risque de réduire les financements aux centres sociaux.
On se souvient qu'il y a quelques années, les centres sociaux étaient montés au créneau pour dénoncer la baisse des financements de la Caisse d'allocations familiales. Éric Laurent, son directeur, s'attend à une nouvelle levée de boucliers : la caisse se prépare à des choix qui risquent d'être mal interprétés par les associations.
Vendredi dernier, de ces choix, il a été question lors d'une réunion du Conseil d'administration. Pour résumer, la nouvelle stratégie de la CAF porte sur trois axes : l'accompagnement des bénéficiaires du Revenu de solidarité active, l'insertion des handicapés, l'autonomie des jeunes. Mais comme le budget global de la caisse (9 millions d'euros) n'est pas extensible, il faudra réduire celui imparti à certaines actions, notamment les activités de loisirs des centres sociaux.
500 000 euros de moins
pour les centres sociaux ?
Sur les trois ans à venir, les besoins pour les priorités qui ont été définies sont de l'ordre de 1,3 million d'euros. Les subventions aux centres sociaux tournent autour de 2,3 millions par an. Parallèlement au redéploiement d'une partie du personnel, il sera sans doute nécessaire de les réduire de 500 000 E. « Ce système est devenu totalement inégalitaire, souligne Éric Laurent.
Pourquoi finançons-nous les activités associatives de loisirs alors que les loisirs municipaux ne sont financés que par les communes ? » S'il est vrai que la mise en place du RSA cet été n'a pas suscité l'afflux escompté de candidats à ce dispositif, M. Laurent redoute que peu à peu, un peu comme pour la grippe H1N1, la CAF ne soit confrontée à une poussée épidémique : « Actuellement on ouvre une cinquantaine de nouveaux dossiers par semaine. Et on voit arriver de plus en plus de "travailleurs pauvres" qui, jusqu'à présent, n'avaient pas conscience qu'il s pouvaient accéder au RSA. Pour accompagner le département dans la prise en charge de ces bénéficiaires, il nous faut revoir notre politique. Nous comptons à notre niveau privilégier les familles monoparentales avec enfants de moins de trois ans. On en dénombre 3 600 » Lors de la réunion du Conseil d'administration, onze fiches-action définies par la CAF ont été retenues à la majorité. celle concernant le développement de « modes de garde atypiques » et la formation de ces gardes, un dispositif souhaité par les collectivités territoriales, doit être retoquée.
M. Salvatore Piscitello, administrateur s'est fermement opposé à l'ensemble de cette stratégie en soulignant les difficultés que risquent de rencontrer les centres sociaux et en dénonçant d'autre part les « effets toxiques » du RSA. « Les temps changent. M. Piscitello devrait comprendre que la CAF ne peut continuer à se retrancher derrière un mur de Berlin » commente M. Laurent.w





