Roms, l'unique objet de leur ressentiment
Publié le dimanche 25 octobre 2009 à 06h00
Les fameuses imprécations de Camille dans l'Horace de Corneille sont devenues de mise dans l'Entrepont. Un mois après une rencontre avec les élus, les habitants réaffirment leur opposition à l'implantation de cinq bungalows sur un terrain de la rue de Mascara.
Le projet avait déjà donné lieu à une réunion plutôt houleuse le 1er octobre dernier puis à une intervention des élus d'opposition du mouvement républicain et citoyen lors de la dernière réunion du Conseil municipal et ça ne semble pas fini.
Hier matin, à l'initiative de Philippe Duquesne, coprésident du conseil de quartier encore ulcéré de n'avoir pas été invité à la réunion du 1er octobre, une réunion s'est tenue chez un commerçant de la rue de la Conférence. « Je n'allais tout de même pas solliciter une salle auprès de la Ville » explique M. Duquesne.
En tout cas les opposants au projet n'en démordent pas : c'est non ! Arguments invoqués pour ce refus catégorique : le sentiment d'avoir été placés devant le fait accompli, la crainte de voir les entreprises, elles aussi sur la défensive, quitter un secteur déjà moribond sur le plan économique, celle aussi de voir les maisons du quartier perdre de leur valeur en cas de revente. « On nous assure que ces bungalows c'est très bien, mais on est allé voir à Lille, à Fâches, à Halluin : il y a plein de récriminations dans le voisinage au sujet en particulier de la saleté environnante » assure un habitant.
« Il y a bien trente ans qu'on n'a pas vu un élu dans le quartier. Et quand l'adjoint à l'urbanisme s'y montre c'est pour nous annoncer ces bungalows. On avait l'impression à la réunion que M. Hsaini, le maire de quartier, n'avait qu'une consigne : la fermer » indique une Entrepontine.
Ils n'étaient guère plus d'une quinzaine pour cette réunion rassemblée presque à l'improviste. Mais ils étaient tous d'accord pour trouver que la Ville se montre beaucoup plus généreuse pour les Roms que pour ses propres contribuables. « Chacun de ces bungalows devrait coûter d'après ce que l'on a pu savoir 70 000 E. Les occupants ne paieront aucun loyer ; on ne leur demande que de scolariser leurs enfants. Est-ce équitable ? » Un habitant de la rue de la Conférence père de deux enfants handicapés fait valoir qu'il occupe une maison insalubre, qu'il a envoyé plusieurs lettres mais qu'il n'a toujours pas de réponses.
« Pourquoi faut-il toujours que le maire surenchérisse sur Martine Aubry. Celle-ci a décidé d'installer cinq bungalows. On en fait cinq. Si tout cela était logique, vu le nombre d'habitants, Lille devait accepter dix bungalows. »w





