Contrats aidés : des limites
Publié le jeudi 27 août 2009 à 06h00
A priori c'est une aubaine : dans un contexte de crise et de chômage, de la main d'oeuvre pas chère pour les associations. Mais les contrats aidés sont-ils une bonne réponse ?
DELPHINE TONNERRE >delphine.tonnerre@nordeclair.fr
Les contrats aidés ce n'est pas vraiment une nouveauté : il y a eu les TUC dans les années 80, les emplois- jeunes à la fin des années 90. Et toujours, avec plus ou moins de réussite, des formes de contrats qui permettent de mettre ou remettre à l'emploi des personnes exclues du marché du travail.
C'est aussi une façon de répondre à un besoin fort des structures, notamment des associations, qui ont des besoins immenses et des ressources limitées. D'un côté, les financements baissent, de l'autre, les associations peuvent trouver une manne dans ces salariés qui ne leur coûtent pas cher, à peine plus qu'une centaine d'euros par mois. Tentant : c'est mieux que rien et pour des personnes à la porte de l'emploi, c'est déjà ça....
Un moyen de faire baisser
les chiffres du chômage ?
C'est aussi, diront les esprits critiques, à raison, une façon de faire baisser les chiffres du chômage. Un peu artificiellement car derrière ces contrats, la sortie « positive » (par un emploi ou une formation qualifiante) n'est pas toujours au rendez-vous.
Des réserves sur les contrats aidés, la maison des associations de Roubaix en a aussi clairement émises dans son édito : la brève de juin2009 titre Contrats aidés : opportunité ou piège pour les associations ? Le contexte est rappelé : « Le gouvernement a décidé en octobre2008 de créer 100 000 contrats aidés en 2009. Ce programme se traduira pour le bassin d'emploi de Roubaix-Tourcoing par un objectif de 4 158 contrats aidés alors qu'ils étaient de 2 667 en 2009 ».
Combien ont été réellement signés ? Difficile d'obtenir un chiffre malgré plusieurs appels à la direction départementale du travail. « Bonne question, mais question sensible... », nous répond notre interlocuteur. Après plusieurs appels, on finit par nous renvoyer sur... le site internet.
Un appel au boycott
Les chiffres sont là : fin juin2009, 22 493 contrats d'avenir et 24 427 contrats initiative emploi ont été signés en France. En admettant qu'il y en ait autant sur le second semestre 2009, l'objectif ne sera qu'à moitié atteint : on sera autour de 50 000 contrats aidés et non pas des 100 000 annoncés.
Le Collectif GRAS (Groupe Régional des Associatifs Salariés) veut clairement mettre en garde contre les contrats aidés : « On n'est pas emballés du tout et on appelle au boycott de ces contrats, explique Agnès Hetté, pour nous, c'est une solution médiocre ». Elle fait la distinction entre les associations d'insertion qui ont besoin des contrats aidés, car c'est clairement leur vocation que d'accueillir des publics en difficulté, et les autres : associations sportives, culturelles, de loisirs ou sur l'environnement dont ce n'est pas le « métier ».
Le GRAS s'est constitué de manière informelle (pour le moment) afin de regrouper des salariés de petites et moyennes structures. Ils ont participé à toutes les manifestations unitaires depuis le début de l'année, sans pour autant être un syndicat. Ce qu'ils souhaitent ? « Défendre nos emplois , répond Agnès Hetté, et clairement, les contrats aidés n'y aident pas. Ils devraient correspondre à des emplois dans des structures d'insertion, avec un vrai projet de l'association pour accueillir et accompagner ce salarié, c'est tout le contraire qui se passe ». Exemple : « On propose des contrats aidés 20h semaine payés au Smic à des jeunes diplômés, on n'est pas dans l'insertion. On tire les gens vers le bas... ». Le hic, c'est aussi que dans les associations il y a en fait très peu de représentation syndicale. « On est souvent dans le salarié qui est aussi un peu bénévole, dans des relations quasiment affectives : les gens poursuivent un même idéal. On est dans la proximité, le tutoiement... Nous, nous disons qu'il faut aussi respecter les conventions collectives, appliquer les textes, défendre les salariés des associations. Les associations ne sont pas "hors société" ».
À la MDA de Roubaix, on se pose clairement la question : « Les contrats aidés ne sont-ils qu'une variable d'ajustement des finances publiques et des statistiques de l'emploi ? ». Et de rappeler leur volonté : « Nous défendons l'idée de créer de véritables contrats dédiés aux projets des acteurs associatifs qui s'inscrivent à la fois dans la durée et le dans le double objectif de professionnaliser les associations et de qualifier leurs activités d'utilité sociale ».


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citospopulos : Pour ma part je pense qu'l y a toujours des personnes...
citospopulos : oui pour une nouvelle forme de police de proximité...
jeanjean59 : message pour Claire : Bravo pour votre "enfarinage"...