Roubaix

Le bonheur est dans l'asso ?

Publié le 26/08/2009 à 00h00

Ils sont 43 000 dans l'arrondissement de Lille à travailler dans une association. Parfois par hasard. Ou par choix. Parce qu'ils s'y retrouvent mieux. Ils expliquent pourquoi.

Le bonheur est dans l'asso ?
Ils sont 43 000 dans l'arrondissement de Lille à travailler dans une association. Parfois par hasard. Ou par choix. Parce qu'ils s'y retrouvent mieux. Ils expliquent pourquoi.


DELPHINE TONNERRE > delphine.tonnerre@nordeclair.fr
Les associations, un secteur mal organisé, peu professionnel ? Cette image leur colle encore parfois à la peau. Mais ce n'est plus la réalité des grosses structures quasiment organisées comme des entreprises. Côté salariés, travailler dans une association peut même être un choix.
Surprise, en contactant des salariés pour les faire parler du bonheur de travailler dans une association, beaucoup tempèrent... Ils parlent de l'instabilité des financements, les salaires peu élevés, le manque de reconnaissance des publics pour qui ils se démènent. Ils évoquent aussi l'ambiguïté d'être dirigés par un conseil d'administration de bénévoles, sincères sans doute, mais pas toujours compétents. En un mot le doute parfois assaille le salarié associatif.


Pour Michèle Sabatier, salariée au centre social de l'Alma, il n'y a pas de problème à partir du moment où « chacun reste dans son rôle et est bien clair dans sa tête : un conseil d'administration fixe un cap, mais ma supérieure hiérarchique, c'est bien ma directrice ». Pour elle, qui a connu l'usine, c'est clair : « l'association, c'est le bonheur, je ne voudrais travailler nulle part ailleurs. Il y a une cohérence avec mon engagement militant ». D'autres peuvent être techniciens dans leur domaine et pas militants pour autant. Ça n'en fait pas de « mauvais » salariés associatifs mais pour elle, ça n'aurait pas de sens.
L'association, c'est, dit-elle, « un lieu de liberté, d'expression citoyenne, d'expérimentation, d'imagination, un endroit où chacun peut trouver sa place ». Elle reconnaît que les lourdeurs administratives sont pesantes dans une structure qui gère 38 équivalents temps pleins et un budget de 1,2 million d'euros. L'incertitude financière également : « mais aujourd'hui, est-on plus à l'abri dans une entreprise ? Sûrement pas ! » . Michèle, au bout de 23 ans passés dans le monde associatif, sait aussi apprécier les petits bonheurs : une maman qui ramène un thermos de thé, un gamin qui sourit, des cerfs-volants dans le ciel de l'Alma après une fête réussie.
« Un choix depuis le BTS » Même enthousiasme chez les jeunes. Le parcours de Florie Delcour, assistante de direction au GAP (Groupement des Associations Partenaires) est lui aussi semé de petits et grands bonheurs. D'abord parce qu'elle l'a choisi : « J'étais impliquée dans deux associations d'éducation populaire avant mes études supérieures. Mon choix de travailler en asso était prévu depuis le BTS. Je voulais pouvoir travailler dans une organisation qui poursuivait des objectifs, non pas de profit même si nous devons être rigoureux vis-à-vis de nos financeurs, mais humains. Après un stage effectué dans une association de réinsertion tourquennoise, j'ai scruté les offres d'emploi pour exercer la fonction d'assistante en milieu associatif : une année passée à la Maison des Associations de Roubaix comme chargée d'animation et depuis 2005, je suis au GAP. Il s'agit d'un groupement associatif qui oeuvre pour la protection de l'enfance et adolescence en difficulté ».
Le mot qui revient le plus chez les salariés du monde associatif ? les valeurs, et même les convictions : une certaine confiance dans les valeurs humaines, l'aide, le respect, la solidarité, la responsabilité. Florie Delcour évoque également « la possibilité d'évoluer, la valorisation par la compétence, le partage d'expériences ». Pas de regret donc : « L'ambiance et les conditions de travail sont très agréables. Je trouve dans ma fonction actuelle souplesse et autonomie ».
En fait, si l'association est gratifiante, c'est qu'elle travaille pour l'humain. Avec des gens, pas des machines. Le revers, c'est qu'il y a parfois des tensions, des déceptions. Mais aussi des liens et des réussites qui n'ont pas de prix. Troisième volet : Contrats aidés, des limites. Pourquoi les associations n'en veulent pas ?

Nord Éclair