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ROUBAIX / FESTIVAL DE L'AMITIÉ ET DE LA CITOYENNETÉ

Crochets de tous pays...

C'est dans son atelier, que Stéphane (debout au fond) accueille chaque samedi ses stagiaires. C'est dans son atelier, que Stéphane (debout au fond) accueille chaque samedi ses stagiaires.

Unissez-vous ! C'est le défi de Stéphane Martello, alias Mister Crochet, l'un des stylistes du « Vestiaire ». En préparation du Festival de l'amitié, il anime un atelier de création textile avec pour objectif une oeuvre collective se référant à l'univers d'Agatha Ruiz de la Prada.



Ne l'appelez surtout pas Capitaine Crochet ! Lui c'est Mister et il n'a jamais essayé de faire mal à Peter Pan. Mister Crochet n'en fait pas mystère : il s'appelle en réalité Stéphane Martello, il est âgé de 32 ans, a suivi les cours de sculpture à l'Ecole régionale supérieure d'expression plastique (ERSEP) de Tourcoing avant de découvrir le stylisme - et le tricot - au lycée Sévigné de Tourcoing.
Pas franchement masculin le tricot ? Nous esquivons de justesse un violent coup d'estoc de l'une des aiguilles de Mister Crochet, choqué par cette remarque un rien machiste : « tout est une question de référence culturelle. Masculin ou féminin le tricot ? Ailleurs on ne se pose pas cette question. Au Chili par exemple, les hommes tricotent pendant que les femmes filent. »
Comme le yoga


Mister Crochet nous assène d'autres arguments pour justifier une passion qui l'accapare 12 à 13 heures par jour : « Je suis un type terriblement nerveux. Le tricot c'est pour moi comme le yoga. Avec mes aiguilles ou mon crochet, j'évacue mon trop plein d'énergie ».
Ils sont actuellement une petite dizaine à évacuer ainsi leur énergie autour de Stéphane dans son atelier-boutique du « Vestiaire », nouvellement ouvert au 27 rue de l'Espérance.
Crocheteurs patentés ou tricoteurs néophytes, hommes ou femmes, originaires du Congo, de la Côte d'Ivoire, de l'Algérie voire de la lointaine... Flandre, au coude à coude, ils se sont rencontrés autour de la volonté commune de réaliser une oeuvre tout aussi commune.
Le thème de cette oeuvre dont personne ne sait encore ce qu'elle sera c'est l'univers d'Agatha Ruiz de la Prada dont les oeuvres habiteront prochainement le musée. La styliste espagnole a une prédilection pour certains motifs : le coeur, la fleur, la lune, le soleil, l'étoile.
Samedi, pour la première séance de ce stage mis sur pied par la commission extra-municipale des populations immigrées (CEMPI), pas de laine, ni d'aiguilles mais du papier et des crayons, chacun s'efforçant de s'imprégner par le dessin de l'inspiration agathesque.

D'autres ateliers
On avancera tout doucement. L'atelier se réunit tous les samedis jusqu'au 12 mai date où l'oeuvre, enfin terminée, fera l'objet d'une installation au musée pour le lancement du Festival de l'Amitié.
Mais la CEMPI a d'autres fers au feu. Zaïa Bouslah du service culture attachée à la préparation du festival nous signale le lancement d'autres initiatives : un atelier fresque, animé par la scénographe Hélène Kuferath, lui aussi en rapport avec l'univers d'Agatha Ruiz de la Prada sur les murs de la salle des fêtes du centre aéré vouée à la destruction ; un atelier photos qui s'adressera plus spécialement aux ados et un atelier audio-visuel qui démarrera dès la seconde semaine de ces vacances scolaires au centre de loisirs Albert-Camus. Il y en a des satellites qui gravitent autour de la planète festival !


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