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ROUBAIX / AU CONSEIL MUNICIPAL

Des hommes... et des lofts

Le maire, la semaine dernière accueillant les manifestants de la Redoute. Le maire, la semaine dernière accueillant les manifestants de la Redoute.

Hier soir, au conseil municipal, il a été question de la crise naturellement, et de ces hommes et ces femmes qui vont la subir de plein fouet. Mais aussi des taxes sur les lofts...



MARIG DOUCY > marig.doucy@nordeclair.fr
Avancement du conseil : on croyait que la séance du conseil avait été avancée en raison de la situation économique et des nombreux plans de licenciement annoncés sur le secteur. Que nenni ! En fait, le conseil devait adopter avant le 1er février une délibération permettant aux propriétaires de lofts de bénéficier d'un abattement de la valeur locative des taxes d'habitation et foncière de 30 % (lire en page 15). Un vote positif, malgré l'abstention des Verts et du Rassemblement citoyen, qui fera au moins 300 heureux.
La crise : impossible bien sûr de faire l'impasse sur la crise qu'on prévoit à chaque fois plus longue et plus dévastatrice. Il aurait été indécent de ne pas évoquer les entreprises en difficultés et les salariés qui se retrouveront sur le carreau (lire ci-dessous). « Il faut faire reculer la logique du profit maximum, plaide Christine Fonfroide (PCF). Les actionnaires doivent renoncer à une partie de leurs dividendes ! » En écho, René Vandierendonck estime qu'un juge pourrait être appelé à se prononcer sur le bien-fondé des plans sociaux quand les entreprises dégagent des bénéfices. Et d'en appeler « à la réapparition de la Région bouclier. » Arnaud Verspieren a annoncé pour sa part la tenue d'une commission pour la relance du commerce, et ce dès le 10 février.


Le conflit dans la bande de Gaza : à la demande du groupe Ouvertement à gauche (Verts), une délibération a été débattue, prônant une aide concrète aux habitants de Gaza. Une subvention de 5 000 E en faveur de l'Association France Palestine Solidarité a été votée. Au préalable, le maire a appelé les élus à respecter une minute de silence en hommage aux victimes du conflit. « Nous souhaitons apporter notre soutien à tous ceux qui recherchent une paix durable et reconnaissent les deux États, entame Slimane Tir. Concrètement, nous pourrions relancer un partenariat entre des hôpitaux, inviter des enfants palestiniens en centre aéré ou encore accueillir Leïla Shahid, citoyenne d'honneur de Roubaix depuis 2005. » De son côté, Christian Maes (Rassemblement citoyen) propose la mise en place d'un jumelage et l'accueil à Victor-Provo d'un blessé palestinien.
L'intervention de Fatma Erdogan (PCF) est nettement moins conciliante : « Les attaques israéliennes sont sans commune mesure avec ce que nous avons pu connaître. Ils ont pris les Palestiniens comme bouclier humain. De plus, le Hamas a été élu par les Palestiniens, les négociations ne pourront se faire sans ses représentants. » René Vandierendonck invite Mustapha Maimouni, conseiller à la coopération internationale, à réunir les élus intéressés par le sujet afin de collecter toutes les suggestions.
Effectifs de police : Christiane Fonfroide a soumis au vote un voeu sur la hausse des effectifs de police afin d'obtenir « la création de postes de policiers et d'adjoints de sécurité pour le commissariat de Roubaix et pour assurer une présence plus forte au coeur de nos quartiers. »

CTP : Roubaix après la bataille ?

Roubaix souhaite bénéficier de l'extension du contrat de transition professionnelle. Seulement, à Chateauroux, Nicolas Sarkozy a énuméré les heureuses élues. Dans la région, il y a bien Calais et Douai mais pas Roubaix. Aurait-il fallu réunir le conseil municipal quelques semaines plus tôt pour espérer obtenir le contrat de transition professionnelle qui, en ces temps de licenciements, faciliterait la vie de plus d'un salarié ? Alors que les élus débattaient sur la nécessité d'étendre le CTP au bassin d'emploi, on savait déjà que l'Etat a choisi Calais, Châteauroux, Châtellerault, Douai, l'Etang de Berre et Mulhouse pour développer l'expérimentation de ce dispositif. Dans ces conditions, le coeur n'y était plus vraiment d'autant que les déconvenues sont rarement isolées. Arnaud Verspieren qui a insisté sur la nécessité de créer une cellule de crise au niveau du Bassin d'emploi a révélé que Roubaix s'apprête à subir un autre mauvais coup : la loi de finances, en supprimant les allègements de charges sociales, pour les salaires au dessus de 1,4 fois le SMIC remet en cause la zone franche. Tour à tour Myriam Cau (Verts), Christian Maes et Guillaume Delbar (Rassemblement citoyen) et Christiane Fonfroide (PCF) ont donné leur vision de la crise et préconisé leurs propres remèdes tout en concèdant que les potions retenues par la municipalité ne sont pas si mauvaises. Pour Mme Cau, à défaut du CTP, il faut obtenir de la Région le contrat de reclassement professionnel. M. Maes a trouvé que la municipalité se montre un peu trop défensive, un peu trop... centriste et devrait davantage dénoncer les cadeaux à certains patrons du CAC 40. Le candidat de l'opposition a failli couper l'herbe sous le pied de Mme Fonfroide qui, pour sa part, se rallie à la proposition d'Alain Bocquet d'affecter les dividendes à la protection des salariés et qui estime qu'il est nécessaire d'augmenter les salaires et le pouvoir d'achat pour relancer l'économie. Quant au maire, il est amer. On ne lui enlèvera pas l'idée qu'il y a eu discrimination pour le CTP : Douai et Calais ne sont pas des villes de gauche. 


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