Roubaix : les réaménagements de la mosquée de l'Epeule
Publié le mercredi 28 janvier 2009 à 06h00
Le permis de construire d'aménagement de la mosquée de la rue de l'Épeule, à Roubaix,a été déposé dernièrement.
Les 1 500 m² de l'édifice seront divisés en salles de classe,
de prière et en local commercial. Retour sur le projet.
MARIG DOUCY > marig.doucy@nordeclair.fr
L'association des musulmans de l'Épeule (AME) occupe le 229 de la rue de l'Épeule depuis plus de deux ans. Avant d'acheter cette partie de 1 500 m² de l'ancienne teinturerie Roussel, moyennant 557 000 E, l'AME était hébergée rue de Wasquehal. « Il s'agissait d'un garage à vélos, se souvient El-Houari Boujama, ancien président. C'était problématique. D'une part, nous étions déjà une trentaine d'adhérents, d'autre part, le voisinage se plaignait. Aujourd'hui, tout se passe bien... » L'AME, fondée en 1980, compte désormais 70 membres mais accueille entre 700 à 900 usagers, femmes comprises, le vendredi. « Pour recevoir tout ce monde, la mise en sécurité des bâtiments a été réalisée il y a deux ans, mais rien de plus, explique Oussama Bezzazi, architecte de l'atelier APA, en charge du projet. À l'avenir, le lieu de culte comprendra non seulement une salle de prière mais aussi 5 salles de classe, une mezzanine pour la prière des femmes et un local commercial. » Cette entité commerciale sera louée et non directement exploitée par l'association.
« Une mosquée industrielle »
Des cours de langue et de soutien scolaire y seront dispensés. « Comme c'est déjà le cas, souligne El-Houari Boujama. Et pas seulement à des élèves musulmans. Notre association est ouverte à tous et s'intègre au quartier. » « Nous avons pensé la mosquée dans cette optique, reprend Oussama Bezzazi. Sur la friche, il existe aussi des lofts et des activités indépendantes. Notre but, après consultation de l'architecte des Bâtiments de France, est de respecter l'histoire du lieu tout en le rendant fonctionnel. » Ainsi, les aménagements ont été imaginés sur le thème d'une « mosquée industrielle ». « Le minaret, d'une hauteur de 20 m, sera édifié sur le modèle d'une cheminée. Deux cours intérieures assureront un maximum de transparence et de luminosité, idem pour les grandes baies donnant sur la rue. »
Début des travaux en mai ?
Pour financer ces travaux, un appel aux dons a été lancé auprès des fidèles. « De toute façon, nous avons prévu de phaser les aménagements selon les fonds récoltés, précise Oussama Bezzazi. Nous commencerons par la salle de prière, puis les salles de classe et enfin le local commercial. » « Voir se concrétiser le projet motivera les usagers, espère El-Houari Boujama. Je suis confiant en leur générosité... » Déposé tout récemment, le dossier est en cours d'instruction à la mairie qui doit donner son accord. L'architecte estime que les travaux pourront démarrer, en cas d'avis positif, en mai.





