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TOURCOING

« On était caché dans des camions... »

Wares a quitté son pays à 10 ans. Avant d'arriver en France en juillet. Wares a quitté son pays à 10 ans. Avant d'arriver en France en juillet.

Hébergé au Gîte, Sharif Hassanzade, jeune Afghan sacré champion de France espoir de boxe en 2009, avait reçu d'Éric Besson son titre de s éjour.




Un an plus tard, nous avons rencontré Wares, Afghan de 16 ans,
qui loin des projecteurs suit son parcours vers la naturalisation.


DOMINIQUE SALOMEZ > tourcoing@nordeclair.fr
Fin de journée, ce mardi, Wares, 16 ans, rentre de cours. Hébergé depuis novembre au Gîte, le jeune migrant afghan est rapidement entré en classe d'intégration pour les primo-arrivants au collège Mendès-France de Tourcoing. Une démarche prioritaire dès son accueil pour aussi apprendre le français. « Au début, je ne comprenais pas ce qu'on me disait. Je ne connaissais pas les gens, je restais dans ma chambre », se souvient Wares en évoquant son arrivée dans l'unité pour adolescents au Gîte où ils sont quatre garçons. Wares est le seul migrant isolé. Ici, il s'est trouvé des copains.
Bien sûr, il y a les affinités plus partagées. Comme avec Adrien, 16 ans, qui malgré le français encore très approximatif de Wares, le comprend rapidement.
Et puis, il est un moment pour lequel la barrière de la langue n'a plus cours : le foot. Manette à la main dans la chambre d'Adrien, chacun défend les couleurs de son équipe.
Comme Sharif Hassanzade, jeune Afghan sacré champion de France espoir de boxe en 2009, Wares a parcouru les 7 000 km qui séparent l'Afghanistan de la France. Il avait 10 ans quand il a quitté sa ville de Lôgar, près de Kaboul. Il est accompagné de quelques-uns de ses voisins (à peine plus âgés que lui) quand il prend la route vers le Pakistan, où il reste quelques jours, Dubaï, pour un mois. La traversée de l'Iran, la Turquie, à pied ou en camion.
En Grèce, il travaille trois ans dans les travaux publics. L'Italie, où il erre 15 jours. « On était caché dans les camions de froid, derrière les abricots », explique l'adolescent en riant des contrôles de police déjoués, caché derrière les palettes de fruits.
Le sourire s'efface quand il se remémore les 48 heures dans ce camion réfrigéré et la chaleur écrasante de Rome quand il est, cette fois, découvert par les autorités. « Police - garde à vue », deux mots-clefs qui reviennent, à mesure qu'il raconte son périple. « Après j'étais à Paris, il y a beaucoup d'Afghans ». L'eldorado c'est bien sûr l'Angleterre. Sûr de lui, en juillet dernier, il prend alors un billet de train pour rejoindre le pays insulaire et puis arrivé à Lille, « Police - Garde à vue ». Il est d'abord pris en charge par le SAMI (service d'accueil médical initial) avant d'être hébergé au Gîte où il se plaît malgré l'éloignement familial. « J'appelle une fois par mois », dit-il en expliquant qu'il souhaiterait confier des photos de lui à des Afghans qui, une fois régularisés, retournent au pays. « Pour qu'ils les montrent à ma famille. Si Sharif repart je lui donnerai ». La certitude que les clichés arriveront à bon port et en mains propres. Sharif, un repère pour Wares à son arrivée.

« Être mécanicien
comme mon frère »

Comme lui, il a commencé la boxe et suit les entraînements trois fois par semaine avec Bruno Cardoso, également éducateur au Gîte. Avec l'espoir de décrocher les mêmes performances que son compatriote ? Il l'avait dans un coin de la tête avec en ligne de mire un titre de séjour facilité comme en a bénéficié Sharif. Et quand on n'a pas le niveau suffisant pour défendre les couleurs de la France ? On se frotte aux démarches administratives (voir encadré). Wares a rapidement renoncé à ses rêves d'exploits sportifs, mais a déjà des projets bien en tête. « Je voudrais être mécanicien comme mon frère. Quand j'étais en Afghanistan je préférais être avec lui qu'aller à l'école ». Mais Wares en a terminé avec l'école buissonnière. Il trouve son équilibre et la stabilité entre le collège, les cours de boxe, le Gîte.w


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