Vagues de froid : le coup de chaud de cultivateurs des Weppes
Publié le vendredi 26 février 2010 à 06h00
Les trois vagues de froid qui se sont abattues dans notre région depuis le mois de décembre n'ont pas seulement mis les nerfs à rude épreuve des automobilistes. Les agriculteurs, aussi, subissent cette météo peu clémente. Certains en souffrent plus que d'autres.
Elle garde le sourire Brigitte Liénart mais son moral est en berne. « Trois vagues de froid, c'est trop ! » Non, l'agricultrice n'est pas rongée par une dépression saisonnière mais par l'inquiétude. À cause des intempéries, l'Herliloise doit faire face à la baisse de production de salades et à un surcoût de consommation d'électricité.
Depuis décembre, elle chauffe ses serres à un degré pour éviter que les plants ne gèlent « mais, idéalement, on devrait chauffer à dix degrés, pour que cela pousse correctement. Tu vas voir, là, il n'y a presque rien. » Ne lui demandez pas pourquoi ses serres ne sont pas davantage chauffées, Brigitte Liénart sort aussitôt de ses gonds : « Tu veux ma mort ou quoi ! J'en ai déjà pour des milliers d'euros. » Alors, plus que jamais, Brigitte Liénart aimerait pouvoir fixer ses prix elle-même pour pouvoir répercuter ses pertes mais « c'est impossible.
Je travaille avec un grossiste et ce sont les centrales d'achat qui nous prennent à la gorge et fixent les prix. » L'agriculture herliloise le sait déjà : « On vendra à perte, c'est sûr. » Et elle aurait aimé pouvoir prédire la météo : « franchement, si j'avais su qu'on allait avoir ce temps-là, jamais je n'aurais planté. » Étienne Billaud, agriculteur également installé à Herlies qui travaille avec le Marché de Phalempin, s'estime plus chanceux. « Je n'ai pas trop de soucis. » Le cultivateur, spécialisé dans les céréales et surtout la culture du chou blanc et rouge, aura juste à gérer un retard de livraison de plants : « Ils n'arriveront pas la première semaine de mars. Pour combler le retard, comme je suis livré tous les quinze jours, je vais devoir planter 30 000 plants au lieu de 25 000 habituellement et je vais stocker le reste en attendant. Ce qui est embêtant est l'incidence que cela va avoir sur les ventes. » Le maraîcher haubourdinois, Christophe Hacquette n'accuse pas non plus une baisse de la production : « Nous avons aujourd'hui des variétés de blé plus résistantes au froid et nous avons la chance d'avoir planté les céréales dans les temps, fin octobre. Le blé s'est bien développé et peut mieux résister au froid. » La surcharge de travail a, par contre, de quoi refroidir son épouse, Marie-Hélène : « C'est vraiment plus compliqué en ce moment d'autant qu'on a des poireaux en terre. On bâche les cultures pour les protéger. La récolte des poireaux est plus délicate et nécessite deux fois plus de temps. Avec le froid, les racines ne sont pas faciles à arracher. » Le couple est aussi confronté au gel des canalisations et doit opter pour les vieilles méthodes : « Comme ils restent des bovins, on doit aussi les faire boire au seau, le froid complique vraiment les choses et demande une plus importante manutention. » Quant à Jean-Michel Dessein, de Santes, ne lui parlez pas des méfaits du froid. Il n'en voit aucun. « Le froid, c'est bon », lance le Santois comme un slogan. Pour qui ? La terre pardi. « Le gel fait mûrir la terre, l'assainit. Cette terre qui gèle tombe en semences et offre un bon lit de semences pour le printemps. » Il se souvient encore des conséquences de l'hiver doux il y a deux ans : « Comme il n'avait pas fait froid, on a eu un mal fou à labourer. Au moins, cette année, on pourra facilement planter les pommes de terre au printemps. C'est que du plus ! » w


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