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MOUVAUX

Les châteaux comme toile de fond

Faux marbre, noyer, chêne : Hugues Losfeld imite la nature en superposant les couches de peinture à l'huile. Faux marbre, noyer, chêne : Hugues Losfeld imite la nature en superposant les couches de peinture à l'huile.

À 24 ans, Hugues Losfeld continue de faire vivre le savoir-faire de la peinture de décor du XVIIIe siècle. Élève d'une célèbre école belge, il rénove désormais châteaux et demeures de luxe.



AMANDINE SELLIER > amandine.sellier@nordeclair.fr
Ses premiers coups de pinceau, il les a esquissés dans le château de Croé du milliardaire russe Roman Abramovitch, au cap d'Antibes. Une superbe demeure victorienne ayant appartenu à la famille Onsassis dont le jeune peintre de décor a refait les faux marbres, faux bois et faux granit avec trois de ses anciens camarades de l'Institut supérieur Van der Keulen de Bruxelles.
Depuis 130 ans, cette école dispense chaque année à 30 élèves l'art et la technique de la peinture décorative comme elle se pratique depuis la Renaissance.


Hugues Losfeld a bifurqué de sa voie initiale pour s'orienter vers cette technique qui revient à la mode. « J'ai fait quatre années de droit, mais cette vie-là ne me convenait pas. Je peins depuis tout petit et j'avais toujours eu cette idée derrière la tête. » Grâce à un arbre généalogique et un plafond en trompe l'oeil réalisé dans son atelier, l'élève en droit entre dans la très stricte école belge.
Embauché à sa sortie par des milliardaires russes, Hugues Losfeld revient à Mouvaux en septembre 2008 avec une belle carte de visite. Et le descendant de la famille de fromagers roubaisiens crée son entreprise : Losfeld, peinture en décor.

Comme à Versailles
« Après les chantiers dans le Midi, où j'ai parfois dû travailler à l'acrylique, avec des techniques plus modernes plus rapides, je voulais employer des techniques anciennes, l'huile de lin, l'essence de térébenthine. » Comme à Versailles ou Fontainebleau. Trompe l'oeil, fresque, patine, imitation de bois et de marbre, dorures à la feuille : son savoir-faire s'adresse surtout à des propriétaires de châteaux, d'hôtels particuliers, de belles demeures, mais aussi aux églises ou aux bâtiments classés Monuments historiques.
L'artisan a d'ailleurs été sollicité par la famille propriétaire du château de Colembert, dans le Pas-de-Calais. « C'est le château le plus coté au nord de Paris. Ses pièces sont très bien conservées, explique-t-il. Pendant deux mois et demi, j'ai refait les peintures du salon octogonal abîmé par les Allemands pendant l'Occupation. »
Cinq embauches d'ici à 2012
Une restauration opérée avec l'aide des Monuments historiques, dont une chimiste a retrouvé les couleurs originales de la pièce. « Je suis allé jusqu'en Allemagne pour retrouver les pigments utilisés à l'époque, dans le respect des techniques du XVIIIe. » Depuis ce chantier, Hugues Losfeld est référencé par le Service départemental de l'architecture et du patrimoine, qui gère les monuments classés. Après avoir participé à la transformation d'un appartement du Faubourg Saint-Honoré à Paris en bijouterie tendance, Hugues Losfeld a travaillé sur plusieurs commandes de particuliers : arbre généalogique, portraits et décoration d'une église de la métropole lilloise. « La crise a semble-t-il un peu freiné les propriétaires à effectuer les grands travaux, mais aujourd'hui les commandes reprennent » raconte-t-il. Trois cents personnes, propriétaires de châteaux et demeures de prestige, ont ainsi répondu à son invitation pour le 24 avril au château de Pissy, dans la Somme, où il exposera ses réalisations.
De belles perspectives de développement : l'entrepreneur envisage d'embaucher 5 personnes d'ici 2012 pour répondre aux commandes. « Je veux trouver une équipe de jeunes peintres en décor en qui j'ai confiance, partageant les mêmes valeurs que moi. »w


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