« Je ne me vois pas handicapée ! »
Publié le dimanche 24 janvier 2010 à 06h00
La pongiste Thu Kamkasomphou, médaillée d'or aux Jeux paralympiques de Pékin, était mercredi au Club de tennis de table. Rencontre avec une sportive de haut niveau, au-delà du handicap.
« Comment ils font pour jouer assis ? » Thu Kamkasomphou ne se sépare pas de son sourire : « C'est très simple, ils s'assoient et ils jouent ! » On lui apporte une chaise, la championne s'assoie... et joue ! « Il n'y a jamais de barrières. Les barrières, c'est nous qui nous nous les fabriquons. » Thu Kamkasomphou est née au Laos il y a 41 ans. « Mais je suis un pur produit français ! » La France, elle y arrive à 12 ans, du côté de Rennes. Et se met à jouer au tennis de table. Thu travaille et pointe à la huitième place du classement français. Arrive alors périarthrite nouseuse, « un sang trop solide qui ne passe pas dans les petits vaisseaux », explique-t-elle aux jeunes du CTTL qui ont posé leurs raquettes et leurs balles oranges le temps d'une rencontre.
La double championne paralympique de tennis de table, à Sydney en 2000 et Pékin en 2008 est venue avant tout leur parler de leur sport et du haut niveau. « Vous avez choisi ce sport pour vous faire plaisir, et vous avez raison. Pour progresser, vous devez vous fixer des objectifs. Moi, j'ai toujours rêvé d'être championne olympique et championne du monde. Ces objectifs, on n'est pas obligé de les dire aux autres. Mais après, il faut travailler, et travailler encore. Quand j'ai gagné, quand j'ai perdu, j'ai continué à travailler. Donnez toujours le meilleur et éclatez-vous ! » C'est à l'heure des questions que les enfants abordent le handicap. Sans détours. Thu répond sans esquives. Elle parle de sa maladie évolutive, précise qu'elle fait partie des joueuses debout, quand d'autres sont assises, « les assis ne jouent jamais contre les debout, bien sûr.
» Elle parle aussi de ses entraînements, courts mais intenses. « Jamais au-delà d'une heure et demie, après je fatigue.
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« Le handicap est là
où on le place »
Chargée de communication pour La Poste, qui est aussi l'employeur du secrétaire du club, Frédéric Brogniart, à l'origine de sa venue, Thu séduit les jeunes pongistes et pas seulement quand elle se met à échanger quelques balles avec les uns ou les autres. David Rigaud, l'entraîneur du club a pour sa part retrouvé son ancienne protégée, lui qui a été jusqu'en 2003 entraîneur de l'équipe de France handisport. « Les sportifs handicapés sont des modèles de sportifs, avec une volonté surdimensionnée d'y arriver coût que coût. » « Moi, je ne me vois pas handicapée. Le handicap est là où on le place. Toi, par exemple, comment tu fais pour voir avec tes lunettes ? Et toi tu es roux, tu es handicapée des cheveux ? Je ne suis ni supérieure, ni inférieure à vous. » Avec une différence tout de même : la belle médaille d'or autour de son cou.w




