Les Roms partis, le quartier soulagé
Publié le mercredi 29 avril 2009 à 06h00
Vendredi, les derniers Roms accueillis sur le terrain de la gare Lomme-Délivrance ont quitté la France. Une cinquantaine de familles auront donc vécu entre la rue de la Gare et la rue Jaurès pendant un mois et demi. Face à leur départ, les riverains oscillent entre compassion et soulagement.
Oui, ils ont signé la pétition. Comme les 350 autres. Oui ils ont eu peur quand ils ont vu arriver la cinquantaine de caravanes le 5 mars sur le terrain derrière la gare. En fait, explique Carlos, un habitant de la rue Jaurès, « ils ont surtout eu peur que les Roms s'installent » . « Moi je travaille dans le 93 et là-bas ils restent des années sur place. Finalement, ça s'est plutôt bien passé et leur départ a été conforme à la date annoncée par le maire. Ils sont restés à peine un mois et demi. » La tête passée par l'entrebâillement de la porte, sa femme, Isabelle, remarque que les enfants seuls mendiaient. « Les parents nous disaient bonjour quand ils passaient et il n'y a eu aucun incident, ils n'ont jamais frappé chez nous. » La porte grande ouverte sur son sourire, leur voisin, Georges, confirme : « On a eu peur quand ils sont arrivés qu'ils commettent des forfaits et c'est pour ça qu'on a signé mais, finalement, ils ne me gênaient pas du tout et je ne peux même pas dire que je suis soulagé qu'ils soient partis. Tout ce que l'on peut dire est qu'ils ont pris une fois l'eau des pompiers... » Et puis, insistent les trois voisins, leurs conditions de vie étaient difficiles.
« Soulagée »
Même constat chez Sylvie Demol qui tient le café Le Chalet de la gare : « Ils ont vraiment eu de mauvaises conditions de vie. » En revanche, la patronne se dit « soulagée par le départ des Roms » : « Je suis contente qu'ils soient partis, ils demandaient de l'argent aux clients qui sortaient, jetaient des ordures devant mon café... Et ils laissent le terrain dans un mauvais état.
» Côté clientèle, Sylvie Demol ne pense pas avoir eu une baisse de fréquentation. « Certains m'ont quand même dit qu'ils avaient peur de venir. » Au guichet de la boutique SNCF, on confirme que certains clients se plaignaient : « Mais, globalement, nous n'avons eu aucun problème, après je ne suis là que depuis fin avril mais je n'ai entendu parler de rien », raconte ainsi un employé.
À l'Intermarché de la rue Jean-Jaurès, les employés confient de ne pas avoir remarqué de problèmes particuliers à l'intérieur du magasin. Seul constat : la surveillance avec un vigile est passée d'une après-midi à la journée entière suite à l'installation des Roms. Après leur départ, le supermarché accueille de nouveau un vigile uniquement l'après-midi : « Je ne travaille que deux jours par semaine mais je n'ai remarqué aucun incident » , raconte celui qui travaillait avant-hier. Au final, la conclusion revient à Georges qui vit rue Jaurès depuis 32 ans : « On a eu peur parce que des Roms il n'y en avait jamais eu dans le quartier. »
Le jour de l'arrivée des familles de Roms sur le terrain de Lomme, le 5 mars, le maire, Yves Durand, avait annoncé que la préfecture lui avait promis un départ un mois plus tard. Pour l'élu, le délai a donc été respecté. «Les délais ont été respectés et tout s'est passé le plus humainement possible... compte tenu de la situation de ces gens qui sont dans une misère terrible, précise Yves Durand, maire de Lomme. On a tout fait pour qu'ils vivent de la manière la plus décente possible. On a eu plusieurs réunions avec la préfecture aussi, les services de l'immigration, j'ai rencontré les riverains, je leur ai écrit. » Au final, le délai d'un mois annoncé par la préfecture a donc été respecté, en gros, puisque les premières caravanes sont arrivées le 5 mars et les derniers occupants sont partis mercredi dernier. Et ce n'est pas tout. Comme annoncé lors du dernier conseil communal, Yves Durand compte écrire aux services fiscaux : « Simplement, je souhaite qu'ils fassent attention à d'éventuelles pertes de chiffres d'affaires pour les commerçants du pourtour de ce secteur. C'est une négociation que je demande entre les services fiscaux et les commerçants, s'il s'avère que la présence des Roms les a pénalisés. » Une procédure habituelle, selon l'élu : « On fait la même chose lorsqu'il y a de longs travaux près de commerces ». Rappelons que le 5 mars, les Roms étaient arrivés après une expulsion du bidonville de la Porte de Valenciennes à Lille. Le 9 avril, une centaine d'entre eux a quitté Lomme pour la Roumanie, dans le cadre du dispositif d'aide au retour volontaire. Le 22 avril, la trentaine de Roms qui restaient sur le terrain sont partis pour Lesquin puis ont été expulsés vers la Roumanie vendredi dernier.


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QUID : Z. L'KASSIMI DAHMANI n'a rien à dire...On a le profil...
QUID : Tout cela c'est bien beau, mais que fera Z.L' Kassimi...
citospopulos : Depuis plusieurs années Mr TARDY occupe des responsabilités...
bdxethike : bons débuts