Le mot d'ordre des manifestants : faire un maximum de bruit. À grands renforts de coups de sifflets et de chants, les 250 salariés et partenaires du Crédit Immobilier de France ont déambulé dans les rues de Lille, depuis le square Foch et jusqu'à la préfecture, pour remettre un exemplaire de leur lettre ouverte.
Démantèlement
d'un acteur social
La manifestation visait à protester contre la suppression programmée des 2 500 emplois de l'établissement. Fin août, l'agence de notation Moody's dégradait en effet la note du CIF, établissement spécialisé dans les prêts à l'accession à la propriété pour les ménages aux revenus modestes. L'État venait se porter garant après la mauvaise note, mais depuis, le CIF n'a plus le droit de prêter d'argent. « On ne comprend pas pourquoi on veut démanteler un acteur social. Déjà aujourd'hui, certains constructeurs ont des difficultés, suite à l'absence de financements par le CIF. Ce ne sont pas seulement les 2 500 emplois du Crédit Immobilier, cela aura des répercussions à tous les niveaux », souligne Philippe Moraes, délégué syndical.
Une manif à Paris
Un message auquel adhère par exemple Marcel Lecocq, agent immobilier de La Bassée et venu spécialement soutenir les salariés : « Il s'agit d'un de nos premiers partenaires, il avait l'art et la manière de prêter aux ménages modestes. On a tendance à croire qu'il faisait de l'ombre aux banques de dépôt. » Le 13 septembre dernier, les employés du CIF avaient déjà organisé une manifestation à Paris, espérant ainsi faire changer d'avis le gouvernement.
w
MANON GOBÉ