Lille

Blandine Belz aux Paralympiques : de l'anonymat à la ferveur populaire

Publié le 11/09/2012 à 00h00

Blandine Belz est rentrée de Londres, là où elle a participé, du haut de ses 28 ans, à ses premiers jeux Paralympiques en basket fauteuil. La native de Marcq-en-Baroeul, ex-pensionnaire du club de handball de Lomme, revient sur la superbe expérience vécue.

Blandine Belz aux Paralympiques : de l'anonymat à la ferveur populaire
Blandine Belz est rentrée de Londres, là où elle a participé, du haut de ses 28 ans, à ses premiers jeux Paralympiques en basket fauteuil. La native de Marcq-en-Baroeul, ex-pensionnaire du club de handball de Lomme, revient sur la superbe expérience vécue.


« On entre dans le stade olympique et on attend dans le tunnel. Toute la délégation française attend pour parader, en rang. Puis on entend la Marseillaise, le bruit du stade, c'est à nous. » Si elle avait un souvenir à garder en mémoire, un seul, ce serait celui-là, la cérémonie d'ouverture de ces jeux Paralympiques de Londres.
Blandine Belz est loin, très loin de ces entraînements solitaires à Saint-Ouen, sa ville d'adoption, en compagnie de son mari Jean-Baptiste, chargé de prendre les rebonds. « La flamme est arrivée par les airs dans les mains d'un homme amputé des deux jambes. Un symbole très fort, mais je ne sais pas qui il était, ça devait être quelqu'un d'important. J'étais submergée par l'émotion. » Intégrée à l'équipe de France en janvier 2010, Blandine est littéralement entrée dans une autre dimension à Londres : « Je n'avais connu qu'un championnat d'Europe en Israël. Ici, le village olympique est énorme, une vraie ville dans la ville avec une salle de restauration démesurée ouverte 24 heures sur 24 ! » Les jeux Paralympiques 2012, une réussite sans précédent dont peut témoigner l'ex-handballeuse, passée par Mons-en-Baroeul, Lomme et Wambrechies et victime, il y a quatre ans, d'une grosse luxation du genou dont elle ne récupérera jamais.
« Un stade plein à 10 h du matin pour de l'athlétisme paralympique, je ne pensais pas que c'était possible ! Des gens nous arrêtaient même dans la rue pour discuter, je ne suis pas certaine que l'on aurait eu le même engouement en France. Il me semble que c'est un tournant dans la reconnaissance du sport handi. » Les jeux Paralympiques, avec cette session britannique, viennent sans doute de passer un cap. En revanche, chez les Bleues du basket fauteuil, on a encore beaucoup à apprendre. Tombées dans le groupe de l'Allemagne, la référence européenne, et des États-Unis, la référence mondiale, la tâche s'annonçait ardue. Elle le fut.



Objectif Francfort
Dimanche 2 septembre, 12 points, 3 rebonds, la statistique est bonne, mais le pivot de l'équipe de France est terriblement déçu. Battues par le Mexique dans leur dernier match de poule, les Tricolores sont privées de quart de finale, objectif affichée avant la compétition : « Le soir-même de notre défaite, ça été un peu compliqué. On avait vu la performance des basketteuses valides (battues en finale des Jeux par les États-Unis, ndlr).
On s'était mises à rêver », confie Blandine.
Brusque retour sur terre. Cinq matchs, cinq défaites, des performances honorables au regard des tableaux d'affichage, mais... Puis elle a relativisé comme elle dit, avant de profiter du reste des compétitions : « L'équipe de France paralympique forme une grande famille. Quand la compétition est terminée, on encourage les autres. » L'équipe de France se classe à la 10e et dernière place du tournoi paralympique, certes.
Ceci étant, elle ne s'était pas qualifiée pour le tournoi paralympique depuis 1992... Intégrer le top 10 international, quand on sait que les Françaises ne participaient aux championnats du monde au 2010, on apprécie différemment la chose. Et l'on se prend à espérer un podium aux championnats d'Europe de Francfort.
En attendant, Blandine reprendra le chemin des salles d'entraînements, à Saint-Ouen, club de seconde division qu'elle a rejoint pour franchir un palier sur le plan sportif, après un passage à Clichy. Oubliées les salles bondées des jeux Paralympiques, retour à l'anonymat du sport amateur. Et puis il lui faudra retourner à la faculté aussi et achever ce master 2 « vigilance et sécurité sanitaire » à Paris Descartes. Oui, la vie continue après les Jeux, avec une envie supplémentaire : y retourner.w

Nord Éclair