À gauche comme à droite, les élus s'offusquent contre les méthodes employées par « le gouvernement du changement », même si tous reconnaissent que trouver une solution n'est pas chose aisée, étant donné la complexité du problème. Du côté des membres de la majorité municipale, c'est le principe même du démantèlement des campements qui est pointé du doigt. Pour Éric Quiquet, 2e adjoint au maire et membre d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV), ces évacuations sont « indignes. On procède de la même manière que sous le gouvernement Sarkozy. On attendait de la gauche un peu plus d'intelligence ». Pour lui, comme pour Hugo Vandamme, élu communiste, il faut disperser les Roms dans la Communauté urbaine de Lille. « Je demande aux maires de prendre leurs responsabilités. Si chacun s'engageait à accueillir deux ou trois familles, avec les 85 communes de la communauté urbaine, le problème serait réglé », explique Éric Quiquet.
L'élu fait référence aux « villages d'insertion » mis en place depuis 2009 dans la métropole. Plusieurs familles, comme à Fives, sont accueillies dans des campements mis à leur disposition. « Le suivi est facilité », explique Isabelle Baert, conseillère municipale membre de République Solidaire - le mouvement créé par Dominique de Villepin - qui se montre plutôt favorable à ce projet, bien que farouche opposante à la majorité.
« Appel d'air »
Les villages d'insertion ? Une proposition utopiste pour les autres membres de l'opposition. Accueillir les Roms dans des campements d'insertion créera « un appel d'air », d'après Thierry Pauchet, conseiller municipal du Nouveau Centre. L'UMP Brigitte Mauroy, conseillère municipale, a quant à elle accueilli l'évacuation « avec soulagement. Mais, ajoute-t-elle, le démantèlement seul des camps ne permettra pas de régler la situation ». « Ce qu'il faut, c'est repartir de la loi, explique l'UMP Christian Decocq, leader de l'opposition. Les Roms sont des citoyens européens. Ils ont le droit de séjourner dans des camps spécialement mis à leur disposition. En dehors, aucun campement n'est admissible. On doit leur dire fermement d'aller ailleurs. On ne doit pas laisser la situation déborder ». Lui est favorable à une expulsion des Roms, tout comme son collègue Thierry Pauchet : « Si ces populations fuient leur pays, c'est bien parce qu'elles vivent mal chez elles, résume l'élu Nouveau Centre. Il existe des fonds européens pour les aider dans leur pays » .
Le Front national est quant à lui radical. Si tous les élus s'accordent à dire qu'il faut solutionner le problème au niveau européen, Eric Dillies, secrétaire départemental du FN, explique que « la seule solution est de quitter l'espace Schengen ». De cette manière, la France restera « maître de son territoire et pourra accepter ou expulser qui elle veut ». L'homme ose même une comparaison pour le moins fracassante : « Les Sioux aussi ne voulaient pas évoluer. Ils ont préféré mourir avec leurs traditions plutôt que d'en changer. » On vous avait prévenu, la problématique est loin d'être simple...w
El.G.