Certains d'entre eux font pourtant l'objet d'une surveillance.
MARIE GOUDESEUNE, CAMILLE GAUBERT et ÉLISA GUILLAUME > lille@nordeclair.fr
À Lille, aucune expulsion n'est prévue cette semaine : « Les évacuations ne sont pas envisagées sans une solution proposée ensuite sur le terrain, assure-t-on à la Ville de Lille. Des évacuations ne seront mises en place que dans les cas d'insalubrité, d'insécurité ou lorsqu'un chantier majeur va bientôt débuter. » Le terrain de Winston-Churchill, à la limite entre Lille et La Madeleine, a longtemps été montré du doigt, y compris par la Ville. Mais à Lille, on ne partage plus aujourd'hui la position de Sébastien Leprêtre, maire de La Madeleine, qui réclame l'évacuation : « Il n'y a pas eu de graves incidents d'insécurité sur ce terrain, nous fait-on remarquer en mairie. Les enfants mendiaient sur la bande d'arrêt d'urgence, ce qui était dangereux : de ce fait, la Ville a fait installer des végétaux pour les empêcher d'accéder à la route ».
Le Grand Stade
comme déclencheur ?
Toutefois, il n'y a pas là de quoi rassurer les associations et défenseurs des Roms. Plusieurs redoutent des évacuations dans les jours qui arrivent. L'inquiétude est grandissante. Pour Gérard Minet, du collectif Solidarité Roms, le campement lillois le plus susceptible d'être démantelé est sans conteste celui de la porte d'Arras : « C'est celui qui a le plus de difficultés. Nous avions tiré la sonnette d'alarme lors de son installation. C'est un immense espace déstructuré abritant environ 600 personnes et ne disposant ni d'eau ni de sanitaires. Il a même eu des problèmes de prostitution. » D'après une autre association qui vient en aide aux Roms, il est probable que l'un des campements de Lille-Fives soit démantelé en début de semaine prochaine. Les intervenants auraient même commencé à préparer les familles à un possible départ. Reste, toutefois, une interrogation : la situation lilloise peut-elle être comparée à celle de Villeneuve d'Ascq et d'Hellemmes ? Le campement situé près de l'école d'architecture dérangeait. Une association de riverains s'était constituée pour exiger le démantèlement. Des doléances que l'on ne retrouve pas forcément à Lille. Et puis, si l'évacuation a finalement eu lieu début août, certains affirment que ce n'est pas un hasard : l'inauguration du Grand Stade y serait pour quelque chose, glissent certains élus à l'image d'Hugo Vandamme (PC) ou de la Villepiniste Isabelle Baert. Rien ne devait « faire tache » à quelques jours de l'ouverture. Alors, coïncidence des calendriers ? L'avenir nous le dira...w