Lille

Lillenium : les Verts ne se résignent pas

Publié le 07/07/2012 à 00h00

Depuis 2008, les Verts de Lille sont vent debout contre le projet de centre commercial Lillenium. Ils en dénoncent encore l'incohérence, juste avant la fin de l'enquête publique sur les aménagements de voirie. De là à remettre en cause leur partenariat avec les socialistes ?

Lillenium : les Verts ne se résignent pas
Depuis 2008, les Verts de Lille sont vent debout contre le projet de centre commercial Lillenium. Ils en dénoncent encore l'incohérence, juste avant la fin de l'enquête publique sur les aménagements de voirie. De là à remettre en cause leur partenariat avec les socialistes ?


JULIEN GILMAN > julien.gilman@nordeclair.fr
Les Verts de Lille n'ont pas de mots assez durs pour qualifier le projet de centre commercial à Lille-Sud. Une nouvelle fois, à l'occasion d'une conférence de presse hier, ils ont dénoncé un Lillenium - nom du projet porté par le promoteur Vicity - incongru. « Il s'agit de réaffirmer nos positions », explique la secrétaire du groupe lillois des Verts Mathilde Steinauer. « Et notre mobilisation », enchaîne Élise Jeanne, récente candidate EELV aux législatives.
« Nous sommes mobilisés depuis 2008 contre un projet qui n'est pas un projet d'avenir », rappelle-t-elle, avant de démonter les arguments des défenseurs socialistes de Lillenium. « Innovant ? mais c'est un projet d'hypermarché dans une zone déjà chargée », évoquant le centre commercial de Faches-Thumesnil. Le concept n'est pas en phase avec la réalité économique ou les attentes des consommateurs, selon les Verts qui mettent en avant circuits courts et commerces de proximité. Quant à la création de 900 emplois, « la Ville fait preuve de naïveté », s'étonne Élise Jeanne, pour qui la création d'un emploi dans la grande distribution, souvent précaire, signifie la destruction de trois emplois ailleurs. « C'est un projet des années 80 », lance l'élu municipal Dominique Plancke, qui enfonce le clou.



Manque de cohérence

Mais les Verts s'en prennent aussi à d'autres conséquences de l'arrivée de Lillenium : l'afflux de voitures à l'entrée de la rue du Faubourg des Postes et les aménagements de voirie. « Nos partenaires socialistes ne sont pas cohérents avec le plan de déplacements urbains qu'ils défendent à la communauté urbaine, estime Julien Dubois, secrétaire d'EELV de Lille. La diminution de la place de la voiture, la ville dense et les courtes distances sont incompatibles avec un hypermarché et le modèle du tout voiture. » Et de rappeler les 6 000 véhicules supplémentaires attendus le vendredi soir, de s'interroger sur ce qu'est devenue la passerelle pour vélos et piétons présentée sur les visuels et de dénoncer le caractère autoroutier renforcé du rond-point de la place Bathélémy-Dorez.
En plus, les Verts de Lille accusent leurs alliés socialistes de faire passer tout ça en catimini ou, pour le moins, avec un minimum de publicité. Mais cette conférence de presse n'a-t-elle pas pour cadre la fin de deux enquêtes publiques portant sur le permis de construire et sur les aménagements de voirie ? Les Verts n'ont-ils pas assisté, comme une cinquantaine de personnes, à la réunion préalable, le mois dernier (notre édition du 5 juin) ? « On appelle ça de la concertation, mais le public est face à des élus qui défendent le projet des promoteurs déjà voté en conseil municipal », regrette Frédéric Louchart, conseiller de quartier de Lille-Sud. « On est les seuls à avoir organisé un débat sur l'opportunité du projet » , affiche Domnique Plancke, faisant allusion à une réunion de septembre 2010. Quant aux dossiers d'enquêtes publiques, ils sont trop techniques, trop épais et pas assez accessibles.
« On n'est pas résignés », assure toutefois l'élu qui, compte tenu du contexte économique, espère encore voir Vicity faire machine arrière. Mais les Verts ont-ils les arguments pour obtenir le revirement du promoteur et de la Ville ? « Juridiquement, on va voir ce qu'on peut faire. Après, s'il y a des associations qui veulent déposer un recours... » remarque l'élu, qui a bien noté les observations sur les registres d'enquêtes publiques d'autres opposants comme Entrelianes, les Amis de la Terre, l'Adav ou l'Union des voyageurs du Nord.
Les Verts, membres de la majorité municipale, peuvent aussi peser sur le plan politique. Dominique Plancke, président des élus municipaux Verts, voit d'ailleurs dans l'hyper de Lille-Sud une entorse à l'accord passé avec les socialistes pour les municipales de 2008. « Mais il y a d'autres sujets de désaccord », reconnaît-il. Une sortie de la majorité n'est donc pas envisagée. Et pour les prochaines municipales ? « 2014, c'est dans deux ans ». Sous-entendu, l'eau aura coulé sous les ponts. Et la couleuvre Lillenium avalée ?w

Nord Éclair