Lille

Jacques Mutez veut prendre la vague Hollande pour battre Bernard Gérard

Publié le 14/04/2012 à 00h00

L'adjoint lillois PRG Jacques Mutez a lancé sa campagne, hier, accompagné d'une brochette de barons socialistes du coin. Il espère emporter la 9e circonscription, bastion de la droite nordiste.

Jacques Mutez veut prendre la vague Hollande pour battre Bernard Gérard
L'adjoint lillois PRG Jacques Mutez a lancé sa campagne, hier, accompagné d'une brochette de barons socialistes du coin. Il espère emporter la 9e circonscription, bastion de la droite nordiste.


JULIEN GILMAN > julien.gilman@nordeclair.fr
Le soutien du patron du Parti radical de gauche Jean-Michel Baylet au vainqueur Hollande de la primaire citoyenne trouve sa traduction dans la métropole lilloise. Dans la neuvième circonscription nouvelle mouture (aux cantons de Tourcoing Sud et de Marcq-en-Baroeul, il faut ajouter celui de Lille Nord-Est moins la ville de Mons-en-Baroeul), les socialistes laissent la politesse à l'adjoint au commerce PRG de Martine Aubry Jacques Mutez, qui forme un ticket avec l'adjointe tourquennoise Maryse Brimont (PS) à la suppléance. « Je suis des leurs. Les socialistes, les radicaux, c'est pareil », lançait hier le candidat, qui n'a pas toujours eu des mots aussi tendres envers ses alliés.
C'est donc bien accompagné que Jacques Mutez a lancé officiellement sa campagne. Autour de l'élu lillois, le maire de Tourcoing Michel-François Delannoy, le président du conseil général du Nord Patrick Kanner et le sénateur René Vandierendonck, trois figures du socialisme métropolitain, étaient en ordre de bataille pour se lancer à l'assaut d'un bastion qui n'a jamais échappé à la droite depuis le début de la Ve République. Pas de quoi intimider Jacques Mutez pour autant. « Nous sommes fin prêts pour la bagarre », assure-t-il. Comme arme secrète, il sort le bout de Lille rattaché à la neuvième : 20 000 habitants - le quart de la population de la circonscription - traditionnellement ancrés à gauche. Mais surtout, il parie sur la victoire du candidat socialiste à la présidentielle pour créer la dynamique. « On veut surfer sur la vague Hollande », assure-t-il, avant de lâcher : « Nous sommes la génération Hollande ! » Il faudra au moins ça pour arracher son fauteuil à Bernard Gérard, élu dès le premier tour en 2007 avec plus de 60 % des voix. Mais pour ébranler le maire de Marcq, les soutiens de Jacques Mutez comptent sur la lassitude des électeurs envers Nicolas Sarkozy. « Le député sortant montre son vrai visage de sarkoziste zélé, celui qui lance la chasse aux Roms, qui sort des lois qui s'attaquent à la jeunesse, qui favorise les riches... Il assume ce bilan » , lance Michel-François Delannoy.



La métropole face à l'État
Les élus locaux démontent ensuite, pan par pan, la politique gouvernementale : « La jeunesse à replacer au coeur du changement » pour le maire de Tourcoing, une Anru en trompe l'oeil et la politique de la ville laissée à la charge des collectivités locales pour l'ancien maire de Roubaix, la décentralisation malmenée pour Patrick Kanner. Mais face à ce désengagement massif de l'État, tous défendent une métropole lilloise debout grâce à l'action de ses élus. « Quand on voit ce que nous faisons... aucun de nos grands projets ne se sont arrêtés », affiche Michel-François Delannoy. Et Jacques Mutez de citer le Ceti (Centre européen des textiles innovants) à Tourcoing, Euralille (I, II et III), Eurasanté et Euratechnologies.
« La gauche a mis en place un véritable laboratoire dans la métropole applicable au national », note-t-il. Une transposition à laquelle il participerait bien du Palais Bourbon.w

Nord Éclair