« Nous, ce qu'on veut, c'est que ça groove et que ça donne envie de danser », lance Pierre-Yves Langlois, saxophoniste, chanteur et compositeur principal de The HeadShakers. Et c'est ce que le groupe lillois va tenter de faire lors de son concert programmé à la maison Folie de Moulins, le 30 mars, pour fêter la sortie de leur EP.
The HeadShakers fait d'abord référence au groupe de funk des années 1970 The Headhunters, dont les huit musiciens sont fans, « avec un côté peut-être un peu plus rock'n'roll, un peu plus léger, festif ». À la base, ils faisaient tous partie de la classe de jazz du conservatoire de Lille. Arno, le batteur, les a rassemblés lors d'un boeuf qu'ils devaient animer une fois par mois au Biplan et le tour était joué.
Des jazzmen éclectiques
La base est jazz, mais ça n'empêche pas les artistes de s'accorder une grande liberté. « Shakers, ça signifie aussi qu'on n'a pas envie de s'interdire de jouer un reggae ou une salsa si on en a envie ! » Mais ils restent avant tout des jazzmen. « Même s'il y a des solos de guitare rock, qu'on peut danser, que ça groove, on reste quand même des musiciens de jazz. » Leur single, c'est d'ailleurs une succession d'hommages à différents grands musiciens noirs américains : James Brown, Herbie Hancock... « On a tous un profond respect pour cette culture-là. Ce mixte de cultures entre l'Afrique et l'Occident, on lui doit tout. L'histoire du jazz, c'est passionnant. » Et comme dans tout groupe de jazz digne de ce nom, « l'impro a la part belle ». « Le funk, c'est toujours très répétitif, ça permet de se mettre en transe. Les solos permettent au groupe de rentrer encore plus dans cette transe et de donner une grande spontanéité dans les concerts. On n'assiste jamais deux fois au même concert ! »
Un groupe de jazz donc, mais un groupe avec lequel on s'amuse. Lors de la Release Party - type de soirées mis en place pour mettre en avant le travail d'un groupe régional par la maison Folie de Moulin -, du 30 mars, l'heure sera donc à la fête. « Le jazz, aujourd'hui, c'est une musique qu'on écoute assis, qui peut devenir compliquée. On veut donner accès à un jazz plus ludique, plus fun. Nous, on se marre. Si j'ai envie de sauter partout et de me jeter dans le public, je le fais ! » Un concert où l'on se lâche mais aussi où l'on participe. Comme dans tous ses concerts, le groupe fera participer le public à une expérience de Soundpainting. « C'est un concept à la pointe de la musique contemporaine et nous, on le détourne un peu. » Pierre-Yves, une fois transformé en chef d'orchestre, invitera sûrement le public à interagir avec lui, par le biais d'un certain langage des signes. « Les personnes qui ont déjà vu des groupes de funk n'auront jamais vu ça avant. » En attendant le concert, un clip sera visible sur internet une semaine avant, notamment sur www.ennordmassif.eu.
Release Party à la maison Folie de Moulins, le 30 mars à 20h. 47/49 rue d'Arras, à Lille. Tarif : 5 E.