Lille

Opération lycée mort pour garder les profs

Publié le 23/02/2012 à 00h00

Pour protester contre le projet du rectorat de supprimer quatre postes à la rentrée prochaine, les parents d'élèves du lycée Queneau ont gardé leurs enfants à la maison, hier. Une opération symbolique pour exprimer leur inquiétude face à l'avenir du système éducatif.

Opération lycée mort pour garder les profs
Pour protester contre le projet du rectorat de supprimer quatre postes à la rentrée prochaine, les parents d'élèves du lycée Queneau ont gardé leurs enfants à la maison, hier. Une opération symbolique pour exprimer leur inquiétude face à l'avenir du système éducatif.


JULIEN DUFURIER > villeneuvedascq@nordeclair.fr
Drôle d'ambiance au lycée Queneau. D'habitude, vers midi, le parvis de l'établissement grouille de lycéens pressés d'aller déjeuner ou occupés à discuter. Hier, rien de tout cela. Juste le silence, et un calme anormal pour un mercredi en période de cours. Les parents d'élèves ont réussi leur coup. Pour protester contre les quatre postes qui pourraient être supprimés dès la rentrée prochaine, ils ont choisi la manière forte : vider le lycée de ses élèves. Pas de cours donc, mais un buffet pris en commun en attendant le retour de ceux partis voir la rectrice à Lille.
« On se bat chaque année » « Depuis le temps, on commence à bien se connaître. Tous les ans, on se mobilise », explique Annie Cornet. Hier matin, elle a laissé son fils Maxence, élève de Terminale, faire la grasse matinée. « Je n'ai pas hésité une seconde, reconnaît-elle.


Depuis qu'il est dans ce lycée, chaque année il y a des profs en moins. C'est important de rester mobilisés. » Mais l'action n'empêche pas l'inquiétude. La mère de famille jette un regard désabusé sur l'avenir de l'Éducation Nationale. « Aujourd'hui, on voit bien que ce n'est plus une priorité, constate-t-elle. La France n'est plus un exemple. On parle sans cesse des pays asiatiques, mais regardez combien ils investissent pour l'éducation. Nous, ici, on se bat chaque année pour garder ce qu'on a. Demander plus de moyens, ce n'est même pas la peine d'y penser. À ce rythme-là, on se demande comment ça sera dans dix ans. On a l'impression que le but, c'est de se débarrasser des profs. » Catherine Boutté a, elle aussi, laissé son fils Jean-Baptiste à la maison. Dans sa classe de Seconde, ils sont déjà 34 élèves. Alors, avec sa double casquette de mère de famille et d'administratrice régionale de la FCPE, elle est plus que jamais concernée par les suppressions de postes annoncées.
« Je suis de plus en plus en colère, admet-elle. La colère est en train de monter chez beaucoup de monde d'ailleurs. On sent notamment pas mal d'inquiétude chez les jeunes. Ils sont très concernés par ce qui se passe dans leur lycée. Aujourd'hui on se bat pour garder des profs, mais il y a beaucoup d'autres problèmes. » Rendez-vous le 12 mars Car le lycée Queneau accueille plusieurs élèves à mobilité réduite. Avec moins de profs, l'établissement pourra-t-il continuer à les accueillir dignement ? « Il y a une grosse inquiétude à ce sujet, répond Yasmina Macq, de la FCPE. Plus il y a d'élèves, moins il y a d'attention portée à chacun. Qu'il soit handicapé ou pas. » La délégation reçue par le secrétaire général du Rectorat ne revient pas avec de bonnes nouvelles. « Il n'y aura des moyens supplémentaires qu'au-delà de 36 élèves par classe, se désole Catherine Boutté. On est déçu, on espérait mieux. » Du coup, les parents ont déjà prévu de se réunir une nouvelle fois le 12 mars.w

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