Pourquoi les Roms désertent les foyers
Publié le vendredi 10 février 2012 à 06h00 - MARIE GOUDESEUNE > marie.goudeseune@nordeclair.fr
Tout au bout du Vieux-Lille, à la limite de La Madeleine, une centaine de Roms sont installés dans des baraquements. Un véritable bidonville.
Cet hiver, beaucoup de Roms préfèrent rester dans leur campement, malgré les hébergements d'urgence déployés dans le cadre du plan grand froid. Pourquoi ?Les raisons sont diverses, mais c'est souvent le manque de foyers adaptés qui est à l'origine de ce choix.
Leur campement a l'allure d'un bidonville. Situé dans un parc au bout du Vieux-Lille, il regroupe plusieurs familles roms dans des baraquements construits de bric et de broc. Mais ça tient. En fait, c'est du rafistolage solide : planches de bois, tôle, tissus enchevêtrés, mousse dans les recoins.
On entre dans un baraquement. C'est agréable. On se cale près du poêle à bois, sur le lit deux places, au chaud. Les conditions sont précaires, le logement insalubre. Mais enfin, on a ce sentiment d'être, un peu, chez soi. Voilà sûrement une des raisons pour lesquelles certaines familles roms préfèrent rester là plutôt que de rejoindre, les soirs de grand froid, un hébergement d'urgence.
Mais il n'y a pas que ça. Marie-Christine Staniec, adjointe à la lutte contre les exclusions, l'a répété lorsqu'était déclenché le niveau 2 du plan grand froid : « Beaucoup de familles roms n'appellent pas le 115 parce qu'elles ont trop peur de ne plus retrouver leur cabane à leur retour au campement, que la police passe en leur absence pour tout détruire ». Patrick Vigneau, directeur de l'Areas (association qui accompagne les gens du voyage) confirme : « Plusieurs familles ont vécu cette mauvaise expérience l'an dernier. Alors cette année, elles disent "c'est terminé !" » Elles préfèrent rester dans leur caravane ou leur baraquement, quitte à souffrir du froid. En réalité, c'est souvent par défaut que les familles roms optent pour ces conditions précaires. Car comme l'explique Patrick Vigneau, « la plupart du temps les gymnases sont trop éloignés (à Haubourdin, Croix, Wattrelos). Ça ne vaut pas le coup de faire le déplacement pour trois ou quatre jours maximum ». Pour le directeur de l'Areas, il faudrait donc « réfléchir à une meilleure localisation des gymnases ».
Un café et c'est tout
À Lille, les structures d'hébergement d'urgence ne manquent pas. Mais elles sont rarement adaptées aux familles : « Nous recevons exclusivement des hommes », explique ainsi Bruno Guibout, chargé de l'accueil de nuit de la rue Jeanne- d'Arc. Dans les foyers d'accueil de l'Abej, même chose : « La nuit, nous ne recevons pas de familles. Nos structures sont surtout adaptées aux personnes isolées. Certaines familles roms viennent prendre un café en journée, dans notre accueil de la rue Solférino, mais c'est tout ».
À Lille, deux structures sont réservées à l'accueil de familles sans-abri, en particulier lorsqu'on atteint le niveau 3 du plan grand froid. La première, située rue Kuhlmann, est gérée par le Secours populaire français. L'association Afeji a en charge la seconde, basée rue Jean-Bart, qui peut héberger jusqu'à 30 personnes. Et d'après l'un de ses membres, ces derniers jours, le foyer serait majoritairement occupé par des familles roms. Oui, malgré des raisons légitimes, le foyer reste face au froid glacial, la seule alternative possible.
Son association intervient aujourd'hui sur 32 campements de roms installés dans la région. D'après Patrick Vigneau, directeur de l'Areas, il y aurait actuellement un peu plus de 300 Roms installés çà et là à Lille.Pourquoi les Roms sont-ils quasi absents des hébergements d'urgence ? >> C'est principalement à cause de ce qui s'est passé l'an dernier : un certain nombre de familles sont allées dormir dans les gymnases et à leur retour au campement, leur caravane avait été détruite, leurs abris cassés, leurs affaires volées. Elles se sont retrouvées plus fragilisées qu'au départ. Autre problème : les gymnases sont souvent trop éloignés.Beaucoup de familles refusent d'y aller parce qu'ils se trouvent à Haubourdin ou à Croix.Comment font-elles pour supporter le froid ? >> On vérifie tous les jours sur les campements que personne ne se trouve en grosse difficulté. Durant nos tournées, on distribue de quoi se chauffer, se calfeutrer. On apporte du gaz, du pétrole, des couvertures, des bâches pour isoler les toitures, des outils pour renforcer les baraquements.Combien y a-t-il aujourd'hui de campements roms à Lille ? >> Il y en a plusieurs : le plus important se trouve près de la Porte d'Arras et regroupe plus d'une centaine de personnes. Une cinquantaine vit au bout du Vieux-Lille, une quarantaine à Fives. Il existe aussi quatre ou cinq campements plus petits, qui rassemblent dix à vingt personnes.Y a-t-il eu des expulsions de campements à Lille ces derniers mois ? >> Non. Après le discours de Grenoble de juillet 2010, Martine Aubry a mis en place une sorte de moratoire, en tant que présidente de la communauté urbaine. Ça permet de se poser, de penser à autre chose qu'aux mesures d'urgence.Certains Roms sont à Lille depuis une dizaine d'années : comment leur situation a-t-elle évolué ? >> Pour certains elle a empiré car ils ne touchent plus de prestations familiales, de CAF. Sur Lille, le point positif est qu'un gros travail a été réalisé en lien avec la mairie et le dispositif de réussite éducative : aujourd'hui, environ 110 enfants roms sont scolarisés dans les écoles de Lille.w PROPOS RECUEILLIS PAR M.GO.
Trois baraquements sont partis en fumée, depuis le début de la semaine, dans des campements roms de Lille. Ils n'ont certes pas fait de blessés, mais les matériaux utilisés et les conditions de vie laissent craindre le pire en cas d'incendie.Le premier incendie s'est produit mardi dans le campement situé à la limite de Lille et de La Madeleine. Là se trouvent une dizaine de baraquements précaires. Deux d'entre eux sont littéralement partis en fumée (voir photo ci-dessus). D'après nos informations, une dame qui habitait l'une de ses baraques s'était absentée, le temps d'aller chercher du bois. Entre-temps, son logement s'est enflammé, et le feu s'est propagé au logement voisin.Hier, rebelote, cette fois rue de Marquillies à Lille-Sud : les pompiers sont appelés en urgence pour un baraquement en feu. La femme qui l'habite et son enfant ont pu sortir à temps. L'origine de l'incendie, elle, reste indéterminée : « A priori, ça viendrait du chauffage à pétrole. Comme les matériaux de la baraque sont particulièrement inflammables, ça a vite pris. On a tout de suite sorti la bouteille de gaz qui se trouvait à l'intérieur et on a veillé à ce que l'incendie ne se propage pas aux baraquements voisins », raconte un pompier. Lui a constaté sur place divers branchements électriques sauvages : « Ces installations sont dangereuses, autant pour eux que pour nous ».Dimanche 15 janvier, une explosion s'était produite cette fois dans la caravane d'un campement des 4 Cantons, à Villeneuve d'Ascq. À l'origine du sinistre, une bouteille de gaz qui a explosé. Deux enfants, âgés de deux et cinq ans, avaient été gravement brûlés.wM.GO.


![[AUDIO] Immigration : France Terre d'Asile dénonce «l'inefficacité de l'inflation législative»](/mediastore/img/contenu/no_interview.jpg)



QUID : Z. L'KASSIMI DAHMANI n'a rien à dire...On a le profil...
QUID : Tout cela c'est bien beau, mais que fera Z.L' Kassimi...
citospopulos : Depuis plusieurs années Mr TARDY occupe des responsabilités...
bdxethike : bons débuts