Jean-Aicard menacé de perdre une classe
Publié le mardi 07 février 2012 à 06h00 - ÉMILE RABATÉ > lille@nordeclair.fr
Parents d'élèves, élus au conseil d'école, sénatrices et élus de la région... Tous s'étaient donné rendez-vous pour manifester devant l'école J.-Aicard.
Une cinquantaine de parents se sont mobilisés devant l'école maternelle Jean-Aicard du Faubourg de Béthune. Soutenus par des élus locaux et nationaux, ils ont manifesté contre la fermeture d'une classe à la rentrée prochaine.
S i ça continue, l'exercice risque de devenir un véritable sport régional. Les rassemblements de parents d'élèves contre les suppressions de classes se multiplient à Lille. Après le mouvement de grève qui a touché les écoles primaires de la métropole le 30 janvier, c'est au tour des écoles maternelles de pousser un coup de gueule. La façade de l'école Jean-Aicard s'est recouverte de pancartes, hier matin.
« Classe fermée = classes surchargées », pouvait-on lire, ou encore : « L'avenir de nos enfants ne doit pas être bradé ».
Le 26 janvier, une classe de très petite section de l'école Jean-Aicard figurait sur la liste des suppressions proposées par Marie-Jeanne Philippe, rectrice de l'académie de Lille. Après avoir appelé à un blocage de l'école, les parents d'élèves ont finalement opté pour une mobilisation pacifique devant l'établissement. « C'est une première action, explique Matthieu Vuattier Dujardin, parent d'élève élu au conseil d'école et porte-parole des manifestants. Nous n'avons pas voulu pénaliser les élèves dont les parents ne peuvent faire autrement que de les laisser à l'école la journée. » Des tracts et une pétition circu lent. Les enfants rentrent par une porte secondaire. « Si l'on ferme cette classe, 20 à 30 enfants risquent la non scolarisation en septembre prochain », insiste Matthieu Vuattier Dujardin.
« Gestion comptable »
Pour Éric Lesur, inspecteur de l'Éducation nationale, la décision de l'académie est justifiée : « L'école Jean-Aicard compte 168 élèves répartis dans 7 classes, soit une moyenne de 24 enfants par classe », compte-t-il. En tablant sur une stagnation des effectifs, la suppression d'une classe porterait cette moyenne à 28, ce qui reste « acceptable », juge-t-il. Pour M.
Rauch, parent d'élève, cette attitude témoigne de « la marchandisation de l'éducation, gérée selon une logique comptable ». « Il faut travailler autrement, individualiser, donner plus à certains enfants parce qu'ils ont moins, favoriser la mixité sociale, affirme Latifa Kechemir (PS), présidente du Conseil de quartier du Faubourg de Béthune. Cette politique du chiffre est contraire à une approche qualitative. » Marie-Christine Blandin (EELV), sénatrice du Nord, avait fait le déplacement pour « préserver cette pépite franco-française que sont les classes maternelles », qu'elle considère comme des « espaces ouverts de rencontres et de socialisation quelles que soient les classes sociales ».
Le combat s'annonce rude
Elle épingle au passage l'attitude de Marie-Jeanne Philippe, « exécutante zélée des mesures les plus restrictives, et célèbre dans la France entière pour sa main de fer ». « Depuis qu'elle est arrivée à la tête de l'académie (en mars 2010 ndlr), il n'y a plus de dialogue, plus d'écoute », affirme la sénatrice.
Pourtant, les mobilisés veulent y croire. Le conseil d'école a voté à l'unanimité contre la suppression d'une classe à Jean-Aicard. Le verdi ct de l'académie sera rendu le 21 février. « Ça nous laisse quatre semaines pour lutter », calcule Matthieu Vuattier Dujardin, résolument optimiste.


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QUID : Tout cela c'est bien beau, mais que fera Z.L' Kassimi...
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