Lille

Spécialités roumaines au repas des bénévoles de la Fondation Abbé-Pierre

Publié le 07/01/2012 à 00h00

Chaque mois de janvier, les bénévoles lillois de la Fondation Abbé-Pierre se souhaitent une bonne année autour de la table. Hier, ils avaient fait appel à l'association L'Atelier solidaire et ses bénévoles Roms.

Spécialités roumaines au repas des bénévoles de la Fondation Abbé-Pierre
Chaque mois de janvier, les bénévoles lillois de la Fondation Abbé-Pierre se souhaitent une bonne année autour de la table. Hier, ils avaient fait appel à l'association L'Atelier solidaire et ses bénévoles Roms.


Cuisine roumaine au menu.
Les bénévoles de la Fondation Abbé-Pierre ont tendu la main vers les Roms de L'Atelier solidaire, hier, et ceux-ci les ont nourris. Il y avait comme un geste salutaire dans ce renversement des habitudes et des valeurs, qui se lisait sur les visages roumains. « Ce sont eux qui donnent , explique Marie-Noëlle Briand, de L'Atelier solidaire, cette association à l'origine de l'aménagement de cabanes à jardin pour l'hébergement de familles roms, sur une friche d'Hellemmes. C'est frappant de voir que même leur positionnement est différent. Ils se sont redressés, ils ont retrouvé de la fierté. » Ce n'est pas rien de rendre un peu de dignité ces personnes reléguées au ban de nos métropoles. « C'est une autre manière de montrer ce qu'il est possible de faire, avance le président de L'Atelier solidaire, Yann Lafolie. L'échange, ça marche dans les deux sens. Eux aussi peuvent nous apprendre beaucoup en nous montrant ce qu'ils savent faire. » Une volonté partagée par la Fondation Abbé-Pierre qui a sollicité l'association. « Tous les ans, les bénévoles se retrouvent pour un repas de bonne année. Notre but, c'est de provoquer les échanges », notent la déléguée régionale de la Fondation et son assistante, Stéphanie Lamarche-Palmier et Malika Brahmia.
Hier, les Roumains de L'Atelier Solidaire ont mis en oeuvre leurs talents culinaires pour régaler les bénévoles de la Fondation Abbé-Pierre. Au menu : la salata en entrée, plat à base de poulet, de pomme de terre, de carottes, de concombre et de mayonnaise, et le sarmalé en plat principal, des rouleaux de choux farcis au veau et au porc, mélangés à du riz et du paprika. « Ce sont des plats de tradition en Roumanie, remarque Sorin Varga, l'un des chefs cuisiniers à la tête d'une brigade de treize bénévoles de L'Atelier solidaire. On les sert pour Noël, les mariages et les grandes occasions. » Cet échange culturel pourrait se poursuivre et être étendu puisque le Collectif solidarité Roms, qui regroupe plusieurs associations, envisage d'organiser, au printemps, une journée de rencontre. « Ce serait une journée d'échanges dans cet esprit, indique Yann Lafolie, mais à l'échelle de la métropole. » La mise en pratique de la tolérance.w


JULIEN GILMAN

Nord Éclair