C'est carnaval toute l'année chez ma tante !
Publié le vendredi 28 octobre 2011 à 06h00
Hervé et Francis (à droite et au centre) ont ouvert La Chapelle à ma tante à la rentrée. Antoine, DJ de profession, vient se détendre aux platines.
Ces dingos du carnaval de Dunkerque ne voulaient plus raccrocher la perruque. Francis Dehay, Lillois et Hervé Cosaert, Varois, originaire de la cité de Jean Bart, ont ouvert La Chapelle à ma tante, le premier « bar cantine des carnavaleux ».
JULIEN GILMAN > julien.gilman@nordeclair.fr
Le corsaire Jean Bart a piraté la capitale des Flandres. Et son fameux trois mâts a échoué place Sébastopol. C'est là, à 75 km du port de Dunkerque, que Francis Dehay et Hervé Cosaert « font chapelle » toutes les fins de semaine.
« Faire chapelle », mais quel est donc ce langage ? C'est de la parladure de carnavaleux, ça, ma bonne dame. Ça se dit de ceux qui, en marge du carnaval de Dunkerque, invitent leurs amis à boire un coup et casser une croûte avant ou après la fête. Nos deux compères, fadas de carnaval de Dunkerque, veulent prolonger le plaisir et ont ouvert, à la rentrée, « La Chapelle à ma tante ». « Parce qu'au carnaval, tous les gars sont des "ma tante" et toutes les filles sont des "mon oncle" », décrypte Francis.
La Chapelle à ma tante, c'est un « bar cantine des carnavaleux », selon le surtitre du prospectus vantant le lieu. La carte présente trois plats, carbonade flamande, potjevleesch et fricadelle, accompagnés de frites maison. Ici, on mange debout au rez-de-chaussée ou assis aux longues tables qui doivent être installées en bas. « C'est pas un restaurant », tient à préciser le copropriétaire, c'est avant tout un lieu pour faire la fête façon carnaval. « On reste dans les valeurs du Nord : l'amitié et les copains », lance Francis. Sur les murs, les affiches et photos rappellent le carnaval et, du plafond, pendent les parapluies des associations dunkerquoises.
Une chanson du carnaval toutes les demi-heures Et toutes les demi-heures, Antoine, le fils de Francis qui tient les platines, passe un chant du carnaval. « C'est une passion, lâche le père. Même si ça fait con de dire ça, c'est un rêve pour moi. » Les deux associés ne veulent d'ailleurs « pas faire des ronds ». Dans le civil, Francis tient depuis vingt ans sa boîte de com' et Hervé, originaire de Dunkerque, est cordonnier aux Arcs-sur-Argens (dans le Var !). Et, si le bar fonctionne toute l'année, il n'ouvre que les jeudis, vendredis et samedis à partir de 16h.
C'est sûr, les puristes grincheux diront que le carnaval, c'est à Dunkerque en février et mars. Ils ne se privent d'ailleurs pas de l'écrire sur la page Facebook du bar, entre les nombreux messages de félicitations et d'encouragement. Mais il n'est pas dans l'intention de La Chapelle à ma tante de faire de l'ombre à l'événement dunkerquois ! C'est au contraire un hommage au carnaval que rendent les propriétaires de ce nouveau bar. Déguisés derrière le comptoir, ils tentent de propager l'esprit carnavalesque. Ce que Francis aimerait, c'est que ses clients viennent eux aussi déguisés. Pour les timides, il a placé, au fond du bar, une console et du maquillage à disposition. « Et je voudrais faire venir trois ou quatre bus ici pour embarquer les Lillois faire le carnaval de Dunkerque, envisage-t-il. On ferait chapelle ici, on partirait faire la fête tranquille et, au retour, on boirait une bonne soupe à l'oignon. » Comme à la maison !w


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