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LILLE / JEUNES TALENTS (5/6)

Rémi Hollant et sa « boulimie » des arts

Devant l'Opéra de Lille, Rémi rêve, pourquoi pas, d'y danser un jour... En attendant, c'est à Angers qu'il passera les deux prochaines années. Devant l'Opéra de Lille, Rémi rêve, pourquoi pas, d'y danser un jour... En attendant, c'est à Angers qu'il passera les deux prochaines années.

C'est d'une formation en théâtre que Rémi Hollant, 21 ans, sort. Mais l'année prochaine, il intégrera une école supérieure de danse à Angers, après avoir étudié également le piano. Touche-à-tout, curieux, ouvert, le jeune homme prône surtout le mélange des arts.




Quand il en parle, il a les yeux qui pétillent, un sourire au coin des lèvres, un enthousiasme qui convaincrait n'importe quel jury.
D'ailleurs, il raconte son parcours artistique en évoquant sa chance, ses rencontres, jusqu'à ce jury, justement, qui lui a ouvert les portes du Centre national de danse contemporaine d'Angers. C'est là-bas que Rémi Hollant ira étudier dès septembre, et pendant deux ans. Pourtant, il a découvert la danse il y a seulement cinq ans, et se dirigeait au départ vers le théâtre.


Mais les lignes droites, les cases, ce n'est pas pour lui. Rémi est un touche-à-tout, un curieux qui ouvre les yeux et découvre qu'il y a encore des choses à apprendre, à mêler, à rêver. Le Villeneuvois a commencé à côtoyer les arts à l'âge de 6 ans. Un atelier mime à l'école, une enseignante qui voit là une activité qui lui convient et des parents qui l'inscrivent dans un club de théâtre. « Ça m'a plu tout de suite », se souvient-il.
Faire ses g
ammes
La suite se passe au Grand Bleu, pendant dix ans, et dans des ateliers au collège, au lycée. « J'avais une grosse boulimie de théâtre ! » Pas question d'arrêter après ça. À 17 ans, le jeune homme entend parler du Conservatoire, prépare un dossier pour celui de Roubaix avant d'apprendre qu'il en existe un à Lille. « Quand on dit Conservatoire, on pense musique, sourit Rémi. Je ne savais pas qu'on pouvait y faire du théâtre. » Il entre au Conservatoire et y passera cinq ans. Jusqu'à aujourd'hui.
Entre deux, il y a aussi eu l'apprentissage de la musique, parce qu'il était « un peu jaloux » de sa soeur inscrite à l'école de musique. Vers l'âge de 8 ans, Rémi commence le piano. « Au début, c'était très difficile, raconte-t-il. Chaque soir, il faut faire ses gammes, c'est un langage à apprendre. » Mais Rémi n'est pas du genre à renoncer. L'oreille musicale lui sera utile par la suite. Pour le théâtre, et pour la danse, bien sûr.
Parce qu'entre théâtre, musique et danse, c'est finalement la danse qu'a choisie Rémi.
À moins que ce ne soit la danse qui ait choisi Rémi, un soir au Grand Bleu, alors que Cyril Viallon présente N'huit. Rémi est « subjugué ». Il suit ensuite quelques stages, des cours le soir, pendant les vacances. Tente de rentrer au Conservatoire section danse, cette fois. Et échoue. Mais dans le cycle théâtre, « on peut suivre des cours de danse », souffle-t-il. Et même s'il a l'impression de s'être « réveillé tard », il discute avec les profs, s'accroche : « Ils ne m'ont pas découragé. »
« Va au bout de tes rêves »
Cyril Viallon est du même avis. Le chorégraphe lillois n'a pas fait que susciter l'intérêt de Rémi, il lui a aussi fait confiance. Pour la parade d'ouverture des Championnats du monde cadets d'athlétisme, début juillet, Rémi a travaillé sur la chorégraphie. Il m'a dit : « Va au bout de tes rêves. » Un conseil que le jeune homme a suivi. « Je rêvais en cachette d'une école de danse, avoue-t-il. À Angers, ça a marché, j'ai été pris à ma grande surprise et satisfaction. » Il reste encore des étapes à franchir, cette technique qu'il n'a pas, cette expérience qui lui manque, mais Rémi sait qu'il peut aussi compter sur ses atouts, sa pluridisciplinarité en premier lieu. « L'art que je veux faire, c'est un art au confluent de différents arts. J'avais un peu envie de changer. Au théâtre, j'ai fait un parcours, mais je n'ai pas envie de jouer Hamlet à la Comédie Française. » L'ambition de Rémi est ailleurs : « Je dois nourrir mon envie de danser, mais je n'oublie pas, je mets en hibernation le théâtre, en sachant que la danse contemporaine se nourrit du théâtre. C'est très ouvert. Dans cet univers des possibles, on peut mettre tel ingrédient avec tel autre, et voir ce que donne le melting pot. » Dans deux ans, fort de cette nouvelle formation, Rémi se lancera dans le monde du travail. Mais pour l'instant, le jeune homme admet que « l'école a un côté un peu rassurant ». Et, comme un tremplin, elle lui servira à prendre son envol.w


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