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LILLE / JEUNES TALENTS (3/6)

Melody Manceau, le pari de la danse

Melody laisse derrière elle les salles du Conservatoire pour découvrir les parquets parisiens. Melody laisse derrière elle les salles du Conservatoire pour découvrir les parquets parisiens.

De la maison de quartier dunkerquoise au prestigieux parquet du Conservatoire de Lille, Melody Manceau s'est forgée une détermination à toute épreuve. Elle quitte le Nord à la fin de l'été pour finir sa formation à Paris, et qui sait, intégrer une compagnie.



ANTOINE VAAST > lille@nordeclair.fr
« Mes parents voulaient que je fasse une activité en dehors de l'école. J'ai demandé à faire de la danse. » Un choix de vie se fait parfois sur un coup de tête. Quand elle suit son premier cours, à 5 ans, Melody Manceau est loin d'imaginer qu'à 21 ans, elle serait sur le point d'en faire son métier. Mais la jeune fille ne manque pas de détermination. « Plus c'est difficile, plus ça me donne la gnaque, explique-t-elle. Je sais que rien n'est acquis, qu'il faut toujours travailler. » C'est dans une maison de quartier de Dunkerque que Melody devient danseuse. Un simple loisir, d'abord, qui va pourtant vite prendre de l'importance.
« Quand j'ai reçu mes premiers prix, ça m'a poussée à persévérer. » Le bac en poche, la jeune fille n'a plus qu'une idée, débarquer à Lille et s'inscrire au Conservatoire. « Je me suis inscrite en fac d'anglais pour mes parents, sourit-elle. Je suis allée voir la conseillère d'orientation, et je lui ai demandé " Qu'est ce que je peux étudier à Lille qu'il n'y a pas à Dunkerque ?" » Un choix par défaut plus qu'autre chose, mais qui ne l'empêche pas de garder les pieds sur terre et d'obtenir sa licence. « Je la voulais. Je sais combien la danse peut-être quelque chose de difficile et d'éphémère. » Des études menées à bien malgré un entraînement intensif.



Rencontre tardive
avec la danse contemporaine

Un agenda serré, donc, qui ne lui laisse que peu de temps libre. Mais dès qu'elle en a l'occasion, elle essaye d'aller voir des spectacles.
« Le conservatoire organise des trucs vraiment bien, des représentations à 5 euros pour les élèves. Et ils essayent de faire venir un danseur pour une master class. Ça c'est énorme ! » Elle avoue une préférence pour Larbi Cherkaoui, un chorégraphe « actuel ».
Car son truc, c'est la danse contemporaine. Une rencontre tardive mais passionnée. « Ça m'a tout de suite plu. Et puis j'ai un physique plus adapté au contemporain qu'au classique. Je ne suis pas très grande. » Une taille qu'elle a appris à accepter, même si ça n'a pas toujours été facile. « À une époque, j'ai même envisagé une opération des genoux pour gagner quelques centimètres. Et puis on m'a expliqué que je ne pourrais pas danser pendant au moins un an. » Une pause inenvisageable pour Melody.

Direction Paris
Arrivée au bout du cursus offert par le conservatoire, Melody quittera le Nord à la rentrée. Direction Paris, où elle va intégrer les RIDC (Rencontres internationales de danse contemporaine). « Ce sont mes professeurs du Conservatoire qui m'ont aiguillée. Ils ont fait beaucoup cette année pour nous. » Là, elle suivra une formation de deux ans pour décrocher son diplôme d'état. Un départ qui ne l'inquiète pas outre mesure.
« Deux de mes copines sont prises dans la même école, précise-t-elle. On va essayer de faire le parcours ensemble. » Des copines danseuses qui partagent une passion dévorante, pas toujours évidente à accepter pour tout le monde. « J'ai perdu beaucoup d'amis. Quand on est prise le samedi après-midi par les cours, le samedi soir par les spectacles, les gens se lassent. À la fin, il ne reste que les vrais amis. » « Pour la suite, la seule chose que je sais, c'est que je voudrais continuer à danser. Peut-être intégrer une compagnie. » Tôt ou tard, elle s'imagine bien enseigner. Mais pas n'importe comment. « C'est un milieu où l'on voit trop de gens lassés. J'aimerais être une prof qui montre à ses élèves qu'elle aime ça. » Et face à tant de dynamisme, on a peine à imaginer qu'il en serait autrement. w


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