AGATHE MACHECOURT > lille@nordeclair.fr
Le 15 avril, les femmes auront effectué les 79 jours supplémentaires qu'il leur faudrait travailler afin de rattraper les 27 % d'écart salarial moyen avec leurs homologues masculins, selon Business & Professional Women (BPW). C'est cette date symbolique qu'a choisie l'ONG pour sa journée de l'égalité salariale (Equal Pay Day) qui se déroulera dans 25 pays et 12 villes de France, dont Lille. L'association distribuera de 10 h à 15 h, place Richebé, des sacs rouges Equal Pay Day, symboles désormais de la lutte contre la discrimination salariale.
Une question de culture
« Aujourd'hui, environ 30 % des entreprises françaises respectent la loi de 2006 sur l'égalité salariale », selon Isabelle Delcroix-Naulais, déléguée régionale aux droits des femmes et à l'égalité. Un taux qui reflète l'échec des entreprises qui avaient jusqu'au 31 décembre 2010 pour se mettre en conformité. Elles disposent désormais d'une année supplémentaire. « L'échéance de 2010 a été en quelque sorte happée par la réforme des retraites, excuse la déléguée régionale. Mais alors que depuis cinq ans, la situation se dégrade, je pressens une remontée pour 2011 qui sera, je le souhaite, une année charnière. » Mais légiférer n'est pas suffisant, les mentalités sont peut-être les plus dures à changer. Pour Virginie Tchoffo, conseillère municipale déléguée aux droits des femmes, « c'est dans la tête, il faut changer la culture de notre société. Les entreprises créées par des femmes durent plus longtemps, c'est prouvé, peut-être parce que les femmes appliquent un management plus humaniste » . Et Isabelle Delcroix-Naulais est de cet avis : « Il faut travailler en amont, au niveau de l'Éducation nationale. » Avant d'ajouter que « 83 % des emplois précaires sont occupés par des femmes en France ». Un chiffre qui en dit long.
Des actions pour un réveil
Au-delà de l'accompagnement de BPW, Lille lance cette année un « networking » autour de l'emploi des femmes. Censé démarrer au mois de juin, ce programme aura pour but de mettre en place un réseau d'aide aux femmes en recherche d'emploi ou qui souhaitent créer leur entreprise. Elles auront la possibilité d'être accompagnées pendant un an par un parrain, qu'il s'agisse d'un chef d'entreprise volontaire ou d'un organisme. Au niveau régional, les Mardis de l'égalité professionnelle sensibilisent, forment et accompagnent depuis 2009 les entreprises qui souhaitent lutter contre les discriminations. La Fondation agir contre l'exclusion, plus connue sous l'acronyme FACE, a quant à elle formé une centaine d'entreprises et projette sur les dix prochaines années d'atteindre le chiffre de 10 000. La Fondation espère ainsi provoquer « une prise de conscience », premier pas vers une société égalitaire.w