Vous êtes ici : Accueil > Locales > Lille

LILLE / PATRIMOINE

[PHOTOS] Grimonprez-Jooris n'est plus qu'un souvenir

Minutieusement, la pelleteuse digère la tribune Sud, la dernière à être debout. Les gravats seront ensuite valorisés.Photos Ludovic Maillard Minutieusement, la pelleteuse digère la tribune Sud, la dernière à être debout. Les gravats seront ensuite valorisés.Photos Ludovic Maillard

Un dernier pan de tribune et puis bye-bye... Après trente ans de loyaux services pour le mondedu ballon rond, le stade Grimonprez-Jooris a été mis à bas. Il doit faire place à une plainedédiée aux loisirs et sports de plein air. Le foot, lui, est parti du côté de Villeneuve d'Ascq.




La perspective sur la citadelle Vauban est rétablie et le mur de communication, à l'ombre des gradins depuis trente ans, retrouve la lumière. Un ballon en cuir, crevé, traîne sur une dalle de béton. À côté, un amas de fauteuils en plastique, d'un rouge terne passé par le soleil, attend de rejoindre les stades municipaux de la métropole lilloise. Derrière une butte, au centre du chantier, un tas de terre trône duquel émergent quelques brins d'herbe, souvenirs vivants d'une pelouse mythique. Sur l'aile, gît un mat de métal, l'un des lampadaires géants qui, visible à des kilomètres quand il était debout, servait de phare aux supporters. Et au fond, un ultime bout de tribune Sud dont le béton et l'acier sont, lentement et sûrement, grignotés par les mâchoires d'une pelleteuse. Dans un paysage apocalyptique, Grimonprez-Jooris, le stade du LOSC de 1975 à 2004, vit ses derniers instants.
Ne resteront bientôt plus que les souvenirs.


« On dirait fort Alamo ! » lance à l'entrée Didier Bauwens, gardien du temple depuis 2002. « À la fin de la semaine, il n'y aura plus de tribune ; après, c'est le terrassement et le nivellement du terrain ; et fin juillet, on s'en va », détaille Sébastien Simon, responsable du chantier pour le groupement Cardem-Apinor-Dorchies. Près de 30 000 tonnes de déchets ont été produites avec les restes de Grimonprez-Jooris.
Le béton, remblais et ternaire est valorisé par Noremat, recyclé surtout en voiries. La ferraille est récupérée et traitée par l'entreprise Derichebourg.
L'amiante présent dans les tribunes a déjà été évacué.
Place aux archéologues
Une partie des fondations va demeurer. « Ce sont des gros blocs de béton auxquels nous ne touchons pas pour ne pas déstabiliser d'éventuels vestiges », explique Richard Kowalczyk qui assure le pilotage du chantier de déconstruction pour le maître d'oeuvre Lille Métropole Communauté urbaine. Six mille tonnes de fondations restent ainsi, enfouies sur place. Cet été, les archéologues de l'Inrap doivent s'emparer des lieux pour effectuer des fouilles préventives.
Très vite, des troncs d'arbre vont remplacer les clôtures du stade et les palissades de chantier cernant l'emprise de Grimonprez-Jooris. Ils empêcheront les véhicules de passer et de s'installer sur une aire vouée à intégrer la future Plaine des sports. Ce projet municipal, estimé à 2,8 millions d'euros, vise à créer un espace ouvert de douze hectares dédiés aux loisirs et sports de pleine nature. L'aménageur doit être désigné durant l'été. Les travaux, eux, ne doivent pas commencer avant 2013. Grimonprez-Jooris sera alors bien loin.w

L'armée délaisse ses équipements, LMCU les rase

La sentence était prévisible : les bâtiments et la piste d'athlétisme cédés par l'armée à la communauté urbaine et laissés à l'abandon depuis des années vont disparaître. Même verdict pour le stand de tir, pour manque d'intérêt historique.Avant de quitter les lieux, le groupement d'entreprises en charge de la déconstruction du stade Grimonprez-Jooris va aussi s'attaquer aux installations militaires qui le jouxtent. Ce sont des bâtiments et équipements que l'armée a cédés à la communauté urbaine de Lille, des salles de sports, une piste d'athlétisme, des garages et un stand de tir de 1920.Les salles de sports, dont des parties ont été rénovées dans les années 2000, ne seront regrettées que des squatteurs et tagueurs. « Tout a été vandalisé et c'est en piteux état », ne peut que constater Richard Kowalczyk qui représente le maître d'oeuvre LMCU. Tout ce qui a de la valeur a été arraché, de l'électricité aux plaques de plâtre, en passant par l'aluminium ou les plaques d'égout.La piste d'athlé fait elle aussi les frais du réaménagement du site. Au dam des joggeurs qui se la sont appropriée pour chronométrer leurs performances.Quant au stand de tir de 200 m de long, une expertise avait été réclamée par la Drac. Le ministère de la Défense a recensé trois bâtiments similaires dans l'Est de la France, de valeur architecturale et historique supérieure. Le stand peut disparaître. « Heureusement pour nos projets, note le conseiller municipal délégué au patrimoine Dominique Plancke. Quelle utilisation civile aurions-nous pu trouver ? 200 mètres, c'est un peu long pour une baraque à frites ! » Après étude, seuls trois bâtiments seront sauvés : un hangar à charpente de chêne numérotée, l'ancien cinéma des armées et une petite maison en brique.Cette dernière, une fois restaurée, devrait trouver sa place dans la future Plaine des sports. Le reste du site est, lui, intégré au réaménagement du champ de mars.Le permis de démolir a été planté sur place début mars. Si aucun recours administratif n'est déposé, les travaux pourront commencer début mai, pour une fin de chantier en juillet.wJ.G.



Réagir à l'article

Tous les champs sont obligatoires.

Pas encore inscrit ?

Infos locales

Dessin du jour

Cannes 2012 "Cannes 2012"

Cinéma

Grand soir, grands rires et standing ovation Grand soir, grands rires et standing ovation

Sur la Croisette, ils détonnent beaucoup. Pourtant ils ont tous déjà été invités par Frémaux et Jacob, individuellement. Mais cette fois l'équipe du « Grand Soir » est au complet : Gustave Kervern et Benoît Delépine, réalisateurs, et Albert Dupontel et Benoît Poelvoorde, acteurs.

les lecteurs
  • Note actuelle 3.25/4

Les autres sorties

Une journée de compétition entre le whisky et les flingues

Toujours à l'affiche

Restos

 Les meilleures recettes de nos chefs Les meilleures recettes de nos chefs

Les jeunes chefs de l'Athénée (B.) nous ont livré quelques-uns de leurs secrets : voici pour vous les recettes des meilleurs plats de fête qui ont bousculé nos papilles. A vos fourneaux!

Les autres restos...