Mal-être et suicide : ce qu'en disent les jeunes
Publié le mercredi 15 décembre 2010 à 06h00
125 élèves de première ont participé hier à cette pièce sur le mal-être. Un événement organisé par SOS Amitié depuis plusieurs années.
125 élèves du lycée Sainte-Claire ont participé hier à une pièce de théâtre interactive : l'histoire de Muriel, une ado plongée dans un profond mal-être. Invités ensuite à réagir, ils pouvaient monter sur scène et improviser pour essayer de sortir la jeune fille de sa tristesse.
MARIE GOUDESEUNE > marie.goudeseune@nordeclair.fr
« Qu'est-ce qui va pas ? » « Tout, moi, la vie ». Muriel a eu 6/20 à sa dissertation de philo. Complètement « hors-sujet », lui a dit le prof. Elle traîne son mal-être devant sa mère, son petit copain, ses amis. Rien n'y fait. À la fin de cette pièce intitulée « L'Effiloche », la jeune fille tente de se suicider.
C'est là que le public entre en jeu. Les comédiens du Théâtre du Chaos laissent place à Solen, la médiatrice, chargée de titiller les 125 élèves pour entendre leurs réactions. « Le prof aurait pu l'aider, au lieu de ça il l'a taillée », fait remarquer un élève. « Ok, lève-toi et viens sur la scène ». Applaudissements des camarades, Romain le courageux s'avance et rejoue du mieux qu'il peut la scène entre Muriel et son prof. Cette fois, c'est lui le professeur : « Vous êtes hors sujet mais en travaillant plus, vous pouvez mieux faire, lance-t-il. Faut pas déprimer, d'accord ? »
Plus facile à dire qu'à faire
Cinq élèves se succèdent ainsi sur scène, pour essayer d'improviser avec les comédiens l'attitude à avoir pour aider Muriel. Une élève tente de jouer la mère « qui écoute sa fille plutôt que d'être concentrée sur les problèmes du papa » ; un autre, persuadé que le père « doit prendre du temps pour être avec sa fille », se lance dans l'impro ; un autre encore, essaiera d'être ce meilleur ami « qui devrait lui conseiller d'aller voir un professionnel : il faut juste trouver les bons arguments »... Plus facile à dire qu'à faire, surtout quand on est face à une ado aux idées noires.
Entre chaque impro, Solen relance le débat. La dernière discussion divisera la salle : si Muriel confie qu'elle veut se suicider mais fait jurer de ne rien répéter, faut-il respecter cette promesse ? « Elle est responsable, qu'elle assume ses actes », maintient un élève, là où d'autres préféreraient briser une amitié « pour lui venir en aide ». Le débat pourrait bien se poursuivre au-delà de l'après-midi d'hier.
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Depuis cinq ans, l'association SOS Amitié forme spécialement des bénévoles pour dialoguer sur Internet, par chat (dialogue en direct) ou par mail, avec les personnes qui en ont besoin. La formule a du « succès » auprès des 15-20 ans. En 2009, SOS Amitié a reçu 735 000 appels à l'échelle nationale, dont 20 000 dans la région. Des chiffres qui incluent les appels téléphoniques, mais aussi le chat et les échanges de mails. Car depuis 2005, l'association a développé le dialogue numérique (en partenariat avec le Télé-accueil belge), plus adapté aux jeunes : « 80 % de nos appels téléphoniques concernent des personnes de 30 à 60 ans. Par le chat surtout, nous recevons un nombre croissant d'appels de jeunes de 15 à 20 ans ». Le principe est le même que par téléphone - écoute, bienveillance, respect de l'anonymat et absence de jugement -, explique Christian Casimir, de SOS Amitié Nord. C'est la forme qui change : « Un langage plus cru, des souffrances exprimées de manière plus violente, sans tourner autour du pot ». SOS Amitié fête cette année ses 50 ans. Dans le Nord, 38 écoutants bénévoles se succèdent jour et nuit pour répondre aux appels. Sélectionnés après deux entretiens (dont un devant un psy), ils s'engagent à réaliser 16 à 20 h d'écoute par mois, par plage de 4 heures. « Il n'y a qu'une seule personne présente pour répondre au téléphone, faute de bénévoles. On perd environ la moitié des appels », regrette Christian Casimir. Des appels toujours nombreux, période de fête ou pas : « Chez les personnes âgées et de plus en plus chez les actifs, on est face à la thématique de la solitude - géographique ou intérieure ». Le 2 décembre, la mutuelle d'assurance Macif Prévention a renouvelé pour trois ans son partenariat avec SOS Amitié Nord - Pas-de-Calais, doublant le budget accordé à l'association (5 000 E par an). La subvention a permis notamment de financer la rencontre d'hier, sur le suicide.w M.GO. SOS Amitié, 03.20.55.77.77. ou www.sos-amitie-nord.com


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QUID : Z. L'KASSIMI DAHMANI n'a rien à dire...On a le profil...
QUID : Tout cela c'est bien beau, mais que fera Z.L' Kassimi...
citospopulos : Depuis plusieurs années Mr TARDY occupe des responsabilités...
bdxethike : bons débuts