Charles et Sarah, 18 ans, lycéens dans la rue
Publié le mercredi 20 octobre 2010 à 06h00
Membres de la coordination lycéenne, Charles et Sarah sont de toutes les manifs contre la réforme des retraites.
Ils ont été de toutes les manifs contre la réforme des retraites. Charles est délégué de classe, Sarah éclaireuse de France.
Surtout, ces deux lycéens ont organisé la mobilisation des jeunes à Lille.
MARIE GOUDESEUNE
> marie.goudeseune@nordeclair.fr
Quel est donc le moteur de ces deux jeunes gens, l'un lycéen à Montebello, l'autre à Fénelon, drapeau des jeunes communistes en main pour lui, autocollants militants partout sur le corps pour elle ? Qu'est-ce qui pousse Charles, 18 ans dans six jours, et Sarah, déjà majeure, à manifester contre la réforme des retraites aussi naturellement et avec autant de détermination ? Réponse du jeune homme : « Je suis quelqu'un d'engagé, d'extraverti ». La jeune fille explique que « l'engagement personnel, c'est important. On doit défendre notre cause ».
Lui est plus branché « opérations coups de poing ». Plus à gauche que la gauche. Les socialistes, dit-il, n'iront jamais « remplir un caddie dans un supermarché et le sortir de force pour le donner à des gens dans le besoin ». Sarah, en revanche, a voté PS aux élections régionales de mars. Pour autant, elle déclare haut et fort ne faire partie « de rien : aucun mouvement politique, ni syndical » . Les deux lycéens ont un point commun : la crainte d'être récupérés ou manipulés par l'un ou l'autre mouvement. Ils ont en tête, d'ailleurs, l'idée de créer très prochainement un nouveau syndicat, qui s'appellerait le CLIF, confédération lycéenne indépendante de France.
« Ça peut finir en révolution »
Mais les voilà dans la rue contre la réforme des retraites parce que, comme dit Charles, « elle concerne les jeunes aussi ».
Pour le jeune élève de terminale, la réforme n'est tout bonnement « pas applicable : on nous dit que c'est pour renflouer les caisses alors qu'on sait très bien que de l'argent, il en reste. Et puis trouver du travail, ça va être dur, on le sait bien. Mais ça va l'être encore plus si on décale l'âge de départ à la retraite ». Charles veut devenir entraîneur de gymnastique, Sarah compte faire un BTS en alternance dans la « négociation-relation client ». Arrivé dans la rue Solférino, le cortège ralentit. Lui entonne fièrement l'Internationale.
Une cigarette et ils repartent, dénonçant chacun leur tour des réalités qui les agacent : à Fénelon, dit la jeune fille, « le proviseur met beaucoup de pression pour empêcher les élèves de se mobiliser. Du coup certains ont peur et n'osent pas nous rejoindre ». Lui, est irrité face à ce qu'il appelle des « arrestations abusives » : « Sécuriser, d'accord, mais dépêcher dès le matin devant le lycée Baggio cinq camions de CRS alors qu'il ne s'est rien passé, c'est trop ».
La mobilisation de Charles et de Sarah ne s'arrête pas à la manif d'hier. Un nouveau rassemblement lycéen est prévu aujourd'hui à Lille. Sarah a entendu un média italien comparer la situation française à « mai 68 » : « Ça fait un peu peur, c'est sûr, mais si ça continue, ça peut finir en révolution ! »w


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QUID : Z. L'KASSIMI DAHMANI n'a rien à dire...On a le profil...
QUID : Tout cela c'est bien beau, mais que fera Z.L' Kassimi...
citospopulos : Depuis plusieurs années Mr TARDY occupe des responsabilités...
bdxethike : bons débuts