Braderie : suis-moi, je te fuis !
Publié le samedi 28 août 2010 à 06h00
À pied, en train, ou en voiture, tous les moyens sont bons pour fuir la Braderie pour un certain nombre de Nordistes.
Une attraction pour les touristes, un calvaire pour les Lillois. Caricaturale, cette vision de la Braderie ? Pas si sûr, à voir le nombre d'habitants de la ville qui se sauvent le premier week-end de septembre. Rencontre avec ces anti-Braderie.
MARIE TRANCHANT > lille@nordeclair.fr
Trop de monde. Trop d'alcool. Trop d'insécurité. Trop de moules. Trop de bruit. Trop de Braderie, en fait. Pourtant, difficile d'y échapper. Mieux que la déclaration d'impôts ou la rentrée des classes, le premier week-end de septembre. Celui où la ville se remplit de deux millions de personnes, de moules-frites et se vide, pourtant, d'une partie de ses habitants.
Ils sont difficiles à évaluer, bien sûr, mais si le groupe Facebook intitulé « Contre cette maudite Braderie de Lille » ne compte que 21 membres, on imagine que les Lillois qui fuient à tout prix l'événement se comptent par centaines. Avec chacun ses raisons.
Charles, Lillois de 33 ans, ne reconnaît plus son quartier en période de Braderie. Il vit sur l'Esplanade et raconte qu'il a retrouvé parfois des oeufs, des préservatifs sur sa voiture garée là. « Ça se dégrade d'année en année, explique celui qui revendique une douzaine de Braderies à son actif. C'est plus une grande fête qu'une vraie braderie, on n'a plus envie de déambuler dans les rues le samedi soir, l'insécurité a augmenté. » Ce sentiment est partagé par Alexandra, 31 ans, ex-Lilloise qui a déménagé à Marcq-en-Baroeul. C'est la foule et la « beuverie généralisée » qui lui déplaisent dans le rendez-vous annuel. « Quand j'habitais à Lille, j'allais passer le week-end en Normandie chez mes parents. Une année, je vivais rue de Paris, je ne suis pas sortie pendant deux jours. » Cette année, elle n'y mettra pas les pieds.
« Un grand marché
de Wazemmes ! »
Tout comme Julien, 31 ans, qui vit à Comines. « Je fuis la Braderie plutôt qu'autre chose, explique-t-il. Avant, l'ambiance était plus sympa... Les très jeunes y trouvent encore leur compte, les touristes aussi, mais le potentiel touristique va s'amenuiser un peu, il faudra trouver quelque chose pour attirer les gens de ma génération ! Maintenant, on ne trouve plus que des bonbons, des merguez et des pulls péruviens ! » Leitmotiv des habitués, le « ce n'est plus pareil » est sur toutes les bouches. Surtout, on dénonce trop de commerçants qui viennent solder les stocks, pas assez de familles là pour vider leurs caves et greniers. « La Braderie, ça ressemble de plus en plus à un grand marché de Wazemmes... sans les légumes ! » tranche Sébastien, 28 ans. Lui se débrouillera aussi pour fuir Lille et passer un week-end entre amis, ailleurs.
Côté vendeurs aussi, on regrette la Braderie d'antan. Un autre Julien, qui vit en Flandres, préfère d'ailleurs aujourd'hui faire quelques "petites" braderies plutôt que la plus grande. À 16 ans, il tenait son premier stand, avec des copains. À 25 ans, il se débrouillait tant bien que mal pour avoir un emplacement. À 30 ans, il se faisait rembarrer plusieurs fois. Et à 35 ans, il a remballé définitivement. La Braderie, ce n'est plus pour lui.
« Le particulier n'a plus sa place, témoigne-t-il. Progressivement, ça a perdu de l'intérêt. Aujourd'hui, c'est un gigantesque centre commercial à ciel ouvert, c'est comme une extension des soldes... Je ne sais pas ce que les gens en retirent ! La Braderie quand on ne peut pas la faire, on la subit ! » Lui aussi restera à distance.
Mais ce « centre commercial à ciel ouvert », tous ne peuvent pas le fuir. Corinne, qui travaille dans une boutique de prêt-à-porter rue Neuve, admet qu'elle aimerait l'éviter. Mais ce week-end, elle travaillera d'arrache-pied. Une fois la journée terminée, elle regagnera sa ville de Sainghin-en-Weppes avec soulagement, à condition de pouvoir traverser la foule : « On ne peut plus marcher nulle part. L'année dernière, j'ai mis 40 minutes pour faire les 50 mètres qui me séparaient de Rihour ! » Ajoutez à cela des « agressions verbales », des « pieds piétinés », « trop de business », et vous trouvez une Nordiste « écoeurée ».
Heureusement que deux millions de personnes, elles, apprécient la Braderie !w


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QUID : Z. L'KASSIMI DAHMANI n'a rien à dire...On a le profil...
QUID : Tout cela c'est bien beau, mais que fera Z.L' Kassimi...
citospopulos : Depuis plusieurs années Mr TARDY occupe des responsabilités...
bdxethike : bons débuts