Le Roubaisien Martial Mbandjock victime d'un délit de faciès ?
Publié le jeudi 12 août 2010 à 06h00
Martial Mbandjock était reçu le 3août dernier à l'Élysée, juste après le championnat européen d'athlétisme de Barcelone.Photo Ludovic Maillard
Le 7 août dernier, l'athlète roubaisien, d'origine camerounaise, souhaite fêter ses récentes médailles européennes avec des amis.
Il se rend à La Fabrik, mais se fait refouler. Trop de monde ou délit de faciès ? Pas facile de trancher.
SOPHIE GUESNÉ > villeneuvedacsq@nordeclair.fr
C'est Le Canard enchaîné qui révèle l'histoire. Le sept août dernier, quatre jours après avoir été reçu à l'Élysée, Martial Mbandjock décide de sortir faire la fête en boîte de nuit avec cinq de ses amis. Il peut : il vient de remporter trois médailles aux championnats d'Europe de Barcelone (une en or en relais 4 x 100 mètres et deux en bronze pour les 100 et 200 mètres) . Seulement voilà, Martial a décidé de sortir à La Fabrik... et il se fait refouler.
Pas question de parler de délit de faciès, non, pour le patron de la discothèque, Franck Duquesne, il y avait trop de monde ce soir-là : « Il n'a pas été refoulé parce qu'il est noir mais pour des raisons de sécurité ! C'est une boîte à la mode, chaque week-end, on refoule près de 500 personnes, dont une grande majorité de blancs ! » Problème : Franck Duquesne affirme que la boîte était pleine... mais qu'il aurait suffi à Martial Mbandjock de parler de ses médailles pour entrer : « On laisse toujours passer les habitués et les gens du show-biz, c'est comme ça que ça marche. Quelqu'un comme Thierry Henry : pas de problème, on le reconnaît d'office. Malheureusement, ça n'a pas été le cas avec Martial Mbandjock. Mais là, j'ai regardé sa photo, les vigiles l'ont vue... s'il revient, il aura même droit à une place VIP ! »
Refoulé deux fois à La Fabrik
Peu importe, pour le sprinter roubaisien, ces arguments ne tiennent pas la route : « Il faut savoir : il y avait trop de monde ou pas ? Me présenter ne fait pas de moi un habitué, et puis... il n'y a pas que des stars dans cette boîte, loin de là. Mais si moi je dois me présenter comme un grand sportif pour entrer, c'est que j'ai quelque chose de moins que le reste de la clientèle. C'est ça que ça veut dire. » Pour autant, le Roubaisien n'est pas énervé, juste un peu surpris que l'info soit sortie. « Je suis quelqu'un de discret, et je ne veux surtout pas passer pour une victime !
Je me fais refouler, ça arrive, oui. Mais pas plus que tout le monde. » Pour lui, c'est quand même la deuxième fois à La Fabrik...
À la mairie de Villeneuve d'Ascq, le délégué aux sports, Farid Oukaïd, est lui plus remonté : « Athlète ou pas, il ne devrait pas y avoir de passe-droits ! C'est pas parce qu'on est blanc ou parce qu'on est un grand sportif qu'on n'a plus de droits que les autres. Mais malheureusement, le délit de faciès existera toujours... J'en ai moi-même été victime ».
L'histoire ne dit pas si Martial Mbandjock retournera ou pas à La Fabrik. w


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citospopulos : Pour ma part je pense qu'l y a toujours des personnes...
citospopulos : oui pour une nouvelle forme de police de proximité...
jeanjean59 : message pour Claire : Bravo pour votre "enfarinage"...