Lille

La « maison du hip hop » prend forme

Publié le 11/05/2010 à 00h00

Le centre eurorégional des cultures urbaines, qui verra le jour aux côtés de la maison folie de Moulins, a trouvé son architecte.

La « maison du hip hop » prend forme
Le centre eurorégional des cultures urbaines, qui verra le jour aux côtés de la maison folie de Moulins, a trouvé son architecte.


Hier, le conseil a signé un premier acte vers un lieu qui ouvrira en 2012 et dont les contours se dessinent.
Il n'a pas encore de nom, mais il a trouvé son architecte, son design. Pour le moment, c'est le « centre eurorégional des cultures urbaines », ou « maison du hip hop ». « Le nom est provisoire », précise l'adjointe à la culture, Catherine Cullen. Une concertation avec les acteurs des cultures urbaines de la région devrait avoir lieu pour le baptiser.
En attendant, le projet, décidé en 2007, prend forme. Et hier soir, au conseil, on a même pu apercevoir une première image du projet retenu, celui de l'agence d'architectes bordelaise King Kong. Pour rappel, c'est le bâtiment accolé à la maison folie de Moulins, à l'angle des rues d'Arras, de Fontenoy et Dupetit Thouars, qui sera investi d'ici fin 2012.


« Ce sera un lieu de création artistique et de professionnalisation », explique Catherine Cullen. Concrètement, 2 700 m² utiles consacrés au rap, à la danse hip hop, au graff... pour un coût d'opération de 12,4 millions. Réfléchi en lien avec des structures de la région (Grand Mix, Aéronef, l'Ara...) et des associations, il viendra compléter l'offre actuelle, promet l'élue, pas la remplacer.
On parle alors diffusion, mais aussi et surtout résidences, création, fabrique artistique, centre de ressources, échange. D'ailleurs, la « maison du hip hop » a été conçue comme ça. « Ce qui nous a séduits dans le projet, explique Laurent Dréano, directeur de la culture à la Ville, c'est qu'il est compact, mais qu'il y a beaucoup de vitres. On peut voir ce qui se passe dedans. »
Une « reconnaissance »
des cultures urbaines

Un lieu ouvert, donc, avec, au rez-de-chaussée un accueil et un centre de documentation, au 1er étage, des loges, des bureaux. Le 2e sera consacré à la danse, avec deux studios pour la pratiquer. Le 3e, enfin, proposera un espace pour les arts graphiques avec une terrasse. Côté diffusion, la salle comptera 200 places assises et 700 places debout et sera partagée avec la maison folie.
De quoi programmer plus de concerts, ou différemment : actuellement, ils ont lieu dans une salle plus petite, ou dans la cour. Car la délibération d'hier concernait aussi le lieu né pour lille2004. Une aile de l'ancienne brasserie, inutilisée jusque-là, va être rénovée pour accueillir de grandes expositions.
Mais alors, avec ce lieu culturel agrandi, quid des nuisances pour les voisins ? Françoise Rougerie, la présidente du conseil de quartier de Moulins, se veut rassurante : là où le public sortira à des heures tardives d'un spectacle, on trouve d'un côté, la Poste, de l'autre, un restaurant scolaire. Bref, tout semble avoir été pensé pour que riverains et artistes amateurs ou professionnels cohabitent sereinement.
Les élus assurent aussi qu'ils iront à la rencontre des habitants pour en parler. Quant aux acteurs des cultures urbaines, eux-mêmes divisés sur la question, Malik Moujouil, chargé des cultures urbaines à la mairie, balaye leurs doutes : « Une institutionnalisation ? Non. Une reconnaissance, oui. Ou on garde une culture dans la rue et elle tourne vite en rond, ou on essaie de la tirer vers le haut. »
MARIE TRANCHANT

Nord Éclair