LAURIE MONIEZ > laurie.moniez@nordeclair.fr
Originaire de Valenciennes, elle est attachée au Nord, « bizarrement », sourit-elle. Il n'y a pourtant pas de honte à aimer sa région, surtout lorsque comme elle, on prône la franchise dans les rapports. Catherine Charpentier a le sourire facile mais une exigence qui peut se révéler être autant une qualité qu'un défaut. « Je suis assez sociable, j'aime travailler mais je manque parfois de patience... » , avoue-t-elle. Hasard du calendrier, c'est depuis le 8 mars, journée de la femme, que l'ex-directrice du centre commercial V2 a succédé à François Scalabre (qui désormais la remplace à Villeneuve d'Ascq, lire Nord Éclair du 30 avril).
Dans ses valises, une expérience de 16 années passées dans les centres commerciaux (les Tanneurs et la galerie Grand Place à Lille mais aussi des centres à Amiens et Paris). « J'ai commencé à travailler dans une PME: ça a été très formateur. J'ai appris à me fixer des objectifs très ambitieux avec des moyens ridicules. Je n'aime pas entendre " non, ce n'est pas possible " ».
Quid de Planète Saturn ?
Ça tombe bien, son challenge n'est pas mince. Si en 2009, Euralille a accueilli 12 millions de visiteurs pour un chiffre d'affaires de plus de 200 millions d'euros, le centre commercial souffre de plusieurs maux. D'abord sa situation en coeur de ville dans un secteur toujours en construction.
« Le casino et la Tour Lisbonne arrivent. Tout n'est pas fini mais il y a un gros potentiel », précise l'éternelle optimiste qui avoue qu'Euralille est « compliqué à appréhender car situé en ville, enchevêtré au milieu de plein d'entités ».
Il y a aussi ces 6 000 m² de surfaces disponibles sur les 67 000 m² et le fameux site laissé vacant par Planète Saturn. « On a décidé de prendre de la hauteur pour redécouper par niveau et agrandir certains concepts ». Go Sport va ainsi réduire son espace sur le rez-de-chaussée, par contre d'autres boutiques souhaitent s'agrandir. L'ex Planète Saturn va donc être découpé.
Autre challenge, comment passer de 12 millions de visiteurs à 12 millions de consommateurs, comme à V2 ? « J'ai mon avis mais je peux me tromper donc nous avons lancé une campagne d'études marketing pour déterminer qui sont nos clients et pourquoi les non-clients ne viennent pas. Il y a un énorme potentiel. Ce centre ne tourne pas trop mal mais il pourrait marcher mieux ». Et Catherine Charpentier compte bien sûr une synergie entre tous les partenaires alentour pour « ramer tous ensemble dans le même sens et aller plus vite ». En attendant, elle imagine déjà « plus de spécificités lilloises » (des enseignes que l'on ne trouverait qu'à Euralille). Et d'annoncer l'arrivée de New Yorker (streetwear) et de Xoos (chemises). « Il y a aussi des manques autour de l'équipement de la maison, des restos où l'on puisse se poser, etc. » Ce sera l'une des missions de Catherine Charpentier et des 1 500 salariés d'Euralille.w