La vidéo qui fâche Martine Aubry
Publié le jeudi 01 avril 2010 à 06h00
Lundi soir, à la fin du conseil municipal, Martine Aubry a interpellé un conseiller de quartier UMP lui demandant d'effacer la vidéo prise pendant les débats.
Le ton a monté, la vidéo a été effacée. Mais que s'est-il vraiment passé ?
LAURIE MONIEZ > laurie.moniez@nordeclair.fr
Lundi soir, Martine Aubry clôt la séance du conseil municipal qui aura duré près de six heures. Elle s'adresse alors à un conseiller de quartier de Wazemmes, Hervé-Marie Morelle, et lui dit : « Je voudrais dire à Monsieur qui est là que pour filmer à l'intérieur d'un conseil municipal et pour me filmer depuis le début de la séance on doit demander une autorisation. » Le monsieur en question est le webmaster du site de l'UPL (Union Pour Lille). Il filme les interventions du groupe d'opposition pour les diffuser sur leur site car, dit-il, « vos services n'ont pas accepté de nous fournir les vidéos du conseil ». Réponse du maire : « Vous êtes dans l'illégalité, donc je vous demande de me donner cette bande. C'est inacceptable, on est dans un lieu public il y a des règles, et vous n'avez pas à filmer, à me filmer depuis le début du conseil, sans autorisation, je suis désolée ce sont des pratiques d'un autre temps. On est en démocratie, on n'est pas dans ce genre de pratiques qui relèvent d'autres régimes. » La séance du conseil est, elle, retransmise en direct sur le site Internet de la ville de Lille. On y voit d'ailleurs Martine Aubry dire à Pierre de Saintignon : « Vite, va lui chercher sa bande ».
« Petit facho »
C'est hors caméra que se déroule l'altercation. « Elle a exigé de moi que je supprime les vidéos, nous explique Hervé-Marie Morelle. Je lui ai demandé de se calmer. Elle m'a traité de petit facho ». Mais l'élue, méfiante, « s'est emparée de l'iphone et l'a confié à un collaborateur ». C'est le chef de file de l'opposition, Christian Decocq, qui nous raconte la suite : « Après un quart d'heure, je me suis fâché, les menaçant de faire venir un huissier. Ils sont redescendus avec le téléphone et c'est Hervé-Marie qui a effacé les vidéos ».
Fin de l'incident ? Oui et non. Pour Isabelle Mahieu (UPL), l'affaire est close : « J'avais demandé à Martine Aubry de récupérer nos interventions en DVD mais pour des raisons techniques et de coût, que je comprends, elle m'avait dit non. Je reconnais donc que c'est de notre faute à l'origine. Mais, bêtement, je pensais qu'on pouvait filmer l'écran qui retransmettait le conseil ». Un mea culpa qui n'a pas empêché le webmaster de créer "le buzz" sur la toile en racontant toute la scène sur son blog. « Il est jeune, il est bouillonnant, s'excuse presque Isabelle Mahieu.
Je regrette que ça prenne de l'ampleur ». Christian Decocq est moins tendre : « Au lieu de voir comment démocratiquement être utile à son opposition, je vais finir par croire que Martine Aubry ne mérite pas l'opposition qu'elle a ! » Et d'ajouter : « Sa réaction est totalement démesurée et injuste. On est en pleine parano ».
Martine Aubry a-t-elle craint que les images soient détournées ? En attendant, c'est face caméra, juste avant la fin du conseil, qu'elle a publiquement demandé à récupérer la bande. À droite, Isabelle Mahieu tempère : « Il faut replacer ça dans le contexte : il était tard, on était tous crevés, tous sur les nerfs et, en plus comme dirait ma mère, c'était la pleine lune ! » w



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citospopulos : Pour ma part je pense qu'l y a toujours des personnes...
citospopulos : oui pour une nouvelle forme de police de proximité...
jeanjean59 : message pour Claire : Bravo pour votre "enfarinage"...