Il était une fois un village d'irréductibles résistants...
Publié le dimanche 28 mars 2010 à 06h00
Rhabillés les panneaux publicitaires. Les déboulonneurs sont passés par là hier, leur façon à eux de participer au «Village» spontané organisé sur la grand'place. Objectif : se réapproprier l'espace urbain et nos modes de vie.
Impromptu. Hier, des militants associatifs et artistiques ont rebaptisé la Grand'place en place « Dalalilama », et l'ont redécoupée en zones de gratuité, de lenteur, de libération du livre... De partage en somme.
JULIA MÉREAU > julia.mereau@nordeclair.fr
Zone de rencontre. Et si ça pouvait être autre chose que cette fameuse zone partagée entre les automobilistes et les piétons ? Et si l'espace urbain devait zone de partage, plutôt que de passage. Zone de création, plutôt que de consommation. Une zone où l'on prendrait le temps tout simplement. De lire, de se masser, de s'interpeller, de rire aussi...
C'est ainsi qu'en plein samedi après-midi, des dizaines de militants associatifs et artistiques ont investi la Grand'place hier, en prenant de cours toutes les règles administratives d'occupation, sans jamais sortir du cadre de la légalité. Prouvant ainsi qu'il y va de chacun de ne pas subir, mais de choisir...
À l'instar du collectif anti-pub des déboulonneurs, qui a bâché une dizaine de panneaux dans le centre ville. « Il s'agit de se réapproprier l'espace public, d'y mettre un peu de poésie en lieu et place de ce matraquage qui chaque jour nous pousse à obéir, travailler et consommer », a expliqué Alessandro. Le collectif en était hier à sa 28e action du genre, le but étant de s'attirer des poursuites judiciaires pour porter le débat sur la place publique. Le collectif revendique une taille limitée pour l'affichage publicitaire à 50 x 70 cm, soit autant que pour de l'affichage politique et associatif.
Pendant ce temps, des passants étaient invités à marcher plus lentement sur une zone dessinée au sol. Plus loin, un stand de vêtements était laissé à la disposition du tout à chacun, en zone de gratuité. Tandis qu'aux portes du Furet du Nord, une zone de libération du livre invitait à se saisir d'exemplaires qui d'ordinaire vieillissent dans nos bibliothèques personnelles... La fontaine de la Grand'place fut renommée « zone spa et de hammam », et à ses pieds, de quoi flirter en « zone érogène ». C'est un peu plus loin que l'on pouvait saisir sa guitare et aller s'improviser star d'un jour sur la zone « live box » sous le regard amusé des passants interloqués. Question d'habitude, rare sont ces initiatives qui viennent à bousculer les codes sans les transgresser, tout en les bougeant assez pour faire s'interroger...
Le « Village » comme il s'est intitulé, appelle cela de « l'artivisme », maillés de « résistants politiques et poétiques » mobilisés pour faire de la ville « un immense terrain de jeu pour la secouer, la réveiller, la conscientiser, et l'enchanter ». Et le macadam devient « terreau d'utopie »...w www.radiovillage.org





