Une gauche en force, tandis que resurgit le FN
Publié le lundi 15 mars 2010 à 06h00
Lors de la proclamation des résultats, Pierre de Saintignon a fait taire les exclamations de joie. Photo Hubert Van Maele
Contre une majorité d'abstentionnistes (61, 08 %), les Lillois ont voté en force à gauche : le PS est en tête (34,09 %), les Verts se maintiennent à 18,07 %, tandis que la droite piétine à 18,38 % et resurgit le Front national (11,79 %). Ici aussi, le Modem ne franchit pas les 5 %...
JULIA MÉREAU > julia.mereau@nordeclair.fr
On prend les mêmes et on recommence. Hier aussi, c'est une majorité de Lillois, de Lommois et d'Hellemmois qui ne s'est pas exprimée. Le taux d'abstention s'élève à 60,92 %, ce qui n'est pas mieux qu'au dernier scrutin (62,93 % aux européennes). De quoi faire s'affliger certains jeunes élus, comme Hugo Vandamme (PC) : « Hier encore (ndlr, samedi), on a appris à des gens qu'il y avait des élections aujourd'hui. C'est l'échec d'une démocratie. Personne ne peut se réjouir ». À commencer par le Parti socialiste.
Hier soir, lors de la proclamation des résultats, Pierre de Saintignon en 1er adjoint et tête de liste, a tout de suite fait taire les « on a gagné ! » qui se réjouissaient. « Il y a une abstention trop importante ». Et pourtant, la liste de Percheron caracole en tête, avec ses 34,09 %. Loin devant Europe Écologie (18,07 %) et la droite (18,38 %). « C'est un signal donné à notre gouvernement de notre profond mécontentement, et cela montre une gauche en bonne santé à Lille, et resserrée autour de Martine Aubry, notre maire. Mais nous pourrons dire que nous avons gagné que dans sept jours », s'est contenu Pierre de Saintignon. Pas question de sauter de joie donc, et surtout pas côté MoDem, qui à Lille non plus , ne franchit pas la barre des 5 %. Hier soir en mairie, les militants sont repartis « dépités », et Jacques Richir ne s'est pas montré. Seul, Frédéric Lambin a tenu bon. « J'ai l'habitude de résister, vent debout dans la tempête », a-t-il confié. « Nous avons souffert d'un manque de visibilité et de clarté. Nous aurions dû dire beaucoup plus tôt que nous n'aurions pas fait alliance avec l'UMP au 2e tour. » Et l'élu de se montrer résolument positif : « Nos valeurs sont bonnes, il n'y a rien à changer. Mais aujourd'hui nous n'avons pas été compris. La seule chose qui me réjouisse ce soir, c'est qu'il y a visiblement une alternative qui se construit pour 2012. L'UMP est en train de se prendre une grande claque. » Laquelle UMP affichait tout de même un large sourire hier soir : « J'ai rarement de satisfaction malsaine, mais là... J'assume ! » Ainsi les 4,64 % du MoDem ont fait se réjouir un Christian Decocq, quelque peu revanchard. « Ils m'ont fait perdre par deux fois quand même ! » L'élu n'avait presque plus d'yeux que pour ce score. Et tant pis si le sien, de score, ou du moins celui de son parti, ne prêtait pas franchement à sourire : l'UMP, fusionnée avec le Nouveau Centre ne dépasse pas la barre des 20 % à Lille (18,38 %), alors qu'ensemble, les deux partis comptaient plus de 25 % des voix aux dernières Régionales. « Ce rassemblement a peut-être été mal vécu ici ou là », a convenu le militant, qui a par ailleurs titillé le bon score des Verts à Lille (18,07 % avec la liste Europe Écologie). « Cela va les obliger à davantage d'indépendance vis-à-vis de Martine Aubry, mais en seront-ils capables ? » Tout tourné qu'il était vers les scores régionaux, Éric Quiquet ne s'en est en rien vanté : « A Lille, cela démontre que nous sommes bien ancrés, et bien la 2e force à gauche ».
Et l'élu de montrer du doigt l'abstention massive. « Ça, c'est le mal lillois. » Une abstention qui a également fait resurgir un Front National (11,79 %), qu'on avait pourtant bien cru en voie de disparition depuis les Européennes (5,98 %). Mais le parti est bien présent, surtout à Lomme où il s'affiche en 2e position (15,86 %), derrière le PS.w





