Les chansonniers du Nord mènent le bal
Publié le lundi 15 mars 2010 à 06h00
Toutes les musiques du monde se sont rencontrées dimanche au bal organisé par la Maison folie de Moulins. Mais celui-ci a surtout fait la part belle à la chanson, pour clore un mois et demi de mise à l'honneur des « Capenoules ».
« Bien le bonjour », lance l'accordéoniste. L'orchestre des Tire-Laine, rebaptisé pour l'occasion « Eul' grind orquesse des Tire-Noules », entame de suite une valse musette. Déjà, un couple tournoie sur la piste. « Cet après-midi, on veut s'amuser et danser ! », proclame Francis Delabre.
C'est lui qui depuis le 4 février est en résidence à la Maison folie de Moulins, en tant qu'auteur d'un livre sur les Capenoules, des chansonniers humoristiques du Nord de la France qui ont sévi dans les années 1960. Autour de la thématique développée par la Maison folie, intitulée « Si l'irréel devenait réel... », il a tenté de les faire revivre.
Sa dernière tentative est ce bal, une déclinaison spéciale des journées « Tous voisin » régulièrement organisées par la Maison folie. Il a décidé de l'appeler « Chez Raoul », du nom du leader des Capenoules, Raoul de Godewarsvelde.
La relève des Capenoules
Le chanteur veut plus de danseurs : « Poussez les tables ! », s'exclame-t-il. Composée de tous les âges, l'assemblée se déhanche, discute, s'agglutine au bar. Il y a des habitants du quartier, mais aussi d'authentiques « Capenoules vieillissants, héritiers de cette histoire de fête », comme l'explique la fille de Raoul, Frédérique Delbarre. Comme Gisèle Frezin, qui a chanté avec eux. « On n'est plus beaucoup », déplore-t-elle.
Heureusement, Francis Delabre pense à la relève : des jeunes ont composé des chansons originales lors d'ateliers, inspirées des Capenoules. Ils vont les chanter avec l'orchestre. « C'est leur première fois sur scène, ils sont morts de trouille », s'attendrit-il. Mais il compte sur eux pour assurer la « continuité Capenoule », et espère bien que ce bal leur donnera envie de poursuivre. w
M.A.






