Promesse de Traffic Jam
Publié le dimanche 14 mars 2010 à 06h00
Plastic Bags 2001-2008. Galleria Continua / Le Moulin, France Ph. Bertrand Huet. Courtesy Galleria Continua, San Gimignano / Beijing / Le Moulin.
L'exposition événement du printemps 2010 débarque à la gare de Saint-Sauveur à partir du jeudi 25 mars. L'occasion de découvrir l'artiste camerounais Pascale Marthine Tayou.
LISE DOMINGUEZ > lise.dominguez@nordeclair.fr
Il brouille d'abord les pistes avec son patronyme. Pascale ? Prononcez Pascalé et figurez-vous plutôt un homme. Sûr que ça l'amuse. Tout comme d'investir les 2 500 m² de la halle B de la gare Saint-Sauveur pour y réaliser sa première exposition personnelle d'envergure. C'est d'ailleurs ce défi « de rencontres » qui lui a fait accepter de créer, ici à Lille, ses installations conçues à partir de matériaux aussi disparates et insolites que des troncs d'arbres, des sacs plastiques, des vieilles voitures, des affiches publicitaires qu'il récupère pour les transformer, ou des masques, des gravures et ces surprenantes poupées de cristal qu'il crée et harmonise pour Traffic Jam, immense carrefour d'objets, de formes et de sens.
Faiseur et nomade
L'artiste contemporain camerounais est notre voisin. Ses sauts de puce et sautes d'humeur vagabondes l'ont conduit de Yaoundé où il est né, il y a 43 ans, à Gand, en Belgique, où il vit après avoir transité par Paris et Stockholm. Un nomadisme et des rencontres qui nourrissent perpétuellement ses oeuvres. Son point de départ ? Une révolte. « J'ai arrêté des études de droit parce que ce n'était pas droit, puis j'ai créé ma propre ligne droite qui m'a mis à la marge ». Mais à la marge, il s'y plaît. Autodidacte, il devient « faiseur ». De dessins, d'images, de textes puis d'installations. Il glane ses matériaux, souvent de recyclage, dans la rue, déchets d'une économie qui les multiplie à l'infini. Comme cette superbe installation de Plastic Bags, clin d'oeil au gigantesque lustre en pièces de verre suspendu dans le hall du Palais des Beaux-Arts de Lille ?
Économie, migrations, identité culturelle et nationale, cacophonie et confusion du monde... Pascale Marthine Tayou développe ces thèmes au fil de ses pérégrinations et fait évoluer ses oeuvres d'une exposition à une autre. « Traffic Jam » reprendra ainsi des oeuvres déjà exposées - certaines l'ont été lors de la dernière Biennale de Venise - que l'artiste adapte ou non au lieu qui l'accueille, mais proposera également des créations in situ.
Pascale Marthine Tayou s'active donc depuis le 1er mars avec une équipe d'une vingtaine de collaborateurs à créer sur les 2 500 m², le projet global d'exposition qu'il a d'abord imaginé sur croquis puis en 3D sur son ordinateur. Un puzzle, parfois interactif, de sensations, de lumières, de sculptures fragiles et d'échafaudages animés. Le parcours qu'il souhaite offrir aux spectateurs relèvera de l'exploration d'un imaginaire fécon d et non dépourvu d'humour, une sorte de « zone d'expérimentations au coeur de la confusion qu'offrent l'Histoire et la Culture des Hommes » comme le promet Pascale Marthine Tayou. La promesse d'une harmonie à découvrir dans le chaos. w


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jsr : Je suis d'accord avec vous.
Noob : En tous cas, comme il s'agit d'une prof de lettres,...
jeanjean59 : je suis d'accord avec toi ! mais là on ne parle...
jeanjean59 : je suis d'accord avec toi, mais là on ne parle...