A Lille, l'école de la 2e chance ne les lâchera pas
Publié le vendredi 05 février 2010 à 06h00
Bonne nouvelle. Après avoir installé sa première école et son siège à Roubaix, le dispositif de l'école de la 2e chance ouvre une antenne à Lille.
Dès lundi, ce sont 11 stagiaires âgés entre 18 et 25 ans qui vont retrouver le chemin de l'emploi. À terme, l'école accueillera 85 jeunes.
JULIA MÉREAU > julia.mereau@nordeclair.fr
Claquer la porte de l'école. Chaque année, ils sont des milliers à franchir le pas. « Des jeunes qui ont un QI, comme vous et moi », rappelle Frédéric Lambin, qui préside ce dispositif École de la 2e chance Grand Lille. Et puis passent les années. S'effacent les utopies, et s'entassent les petits boulots. « Un véritable gâchis. Pour eux, comme pour la société », répète Frédéric Lambin. Et plus ça va, plus c'est difficile. Nicolas, 24 ans, qui est passé par là le dit très bien : « je n'avais plus l'habitude d'être ponctuel, de me rendre à des entretiens ou de chercher du travail ».
À Roubaix, l'école a convaincu
D'où ce dispositif, qui ouvre ses portes à ces jeunes-là. Et si motivation il y a de vouloir s'en sortir, -c'est la condition sine qua none-, alors l'école, promis, ne les lâchera pas : direction l'emploi. Les jeunes, ou plutôt les « stagiaires » comme préfère les appeler Frédéric Lambin « parce qu'ils ont souvent une maturité de vie qui dépasse largement leur âge », suivent un parcours de formation individuel de neuf mois. L'école de la 2é me chance s'engage à ce qu'en retour, l'entreprise ne leur ferme pas les portes.
Et sur le terrain roubaisien, le système a déjà convaincu : plus d'une centaine d'entreprises soutiennent le projet. Il y a de tout, de la vente au réseau de déplacement en passant par les métiers de l'artisanat, aucun secteur n'a fermé ses portes. Bruno Libert, qui fonda le réseau d'entreprises Alliances, confirme : « à Roubaix, on a parfois plus de difficultés à trouver des candidats à l'embauche que des entreprises, c'est encourageant ! » De quoi donner envie aux entrepreneurs lillois ?
À l'école de la 2éme chance, on est confiant. Les locaux lillois (536 m²) ont été installés au coeur de Moulins, à deux pas de la fac de droit et de l'Institut d'études politiques. Ils accueilleront dès lundi onze premiers stagiaires pour démarrer mais en vitesse de croisière, l'antenne lilloise pourra ouvrir ses bras à 85 jeunes en même temps. Quoiqu'ouvrir ses bras... Michèle Mathé, directrice de l'école de la 2ém e chance, précise : « il n'y a pas d'assistanat. Le jeune arrive un projet professionnel ou pas, on l'aide à s'en dessiner un.
Après, il doit faire ses démarches tout seul ». Pour caricaturer : l'école de la 2e chance fournit les clés mais le stagiaire doit conduire seul.
Les stagiaires commencent par un mois et demi d'essai, avec des activités sportives et remise à niveau. Les deux mois et demi qui s'en suivent, ils doivent définir leurs projets, qu'ils valideront ensuite pour enfin aller passer quatre mois en entreprise. Entre deux, ils suivent des stages en alternance, des ateliers d'écriture, des cours d'expression orale, des exercices d'argumentation, ils apprendront aussi les relations avec les administrations, approfondiront leurs connaissances sur le monde contemporain. Et devront devenir autonomes autant que participer à des forums et des salons de recrutement.
« C'est vraiment une bonne école pour tous ceux qui ont décroché. Tout est fait pour aider si on se donne à fond », témoigne Ornella, 22 ans, qui a suivi un cursus au sein de l'école. En gros, il n'y a plus qu'à. w




