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LILLE / WAZEMMES

Rue Jules-Guesde, un sentiment d'abandon

Gérard Oriol (à gauche) et Jacques Mutez ont animé la réunion de l'Union commerciale lundi soir, en mairie de quartier. Gérard Oriol (à gauche) et Jacques Mutez ont animé la réunion de l'Union commerciale lundi soir, en mairie de quartier.

Toujours la même rengaine, rue Jules-Guesde ? Oui, à en croire les commerçants venus en nombre à la réunion de l'Union commerciale, lundi soir. Malgré un dispositif policier supplémentaire, l'insécurité est toujours là. Les commerçants se sentent abandonnés.



MARIE TRANCHANT > lille@nordeclair.fr
Les participations au gala du Boxing club des Flandres et à Wazemmes l'Accordéon font figure d'aparté. Le sujet phare, encore une fois, lundi soir, c'est l'insécurité. Celle qu'on subit chaque jour rue Jules Guesde et dans les environs. Celle dont on parle depuis des mois. Lundi soir, lors d'une réunion de l'Union commerciale des rues Jules Guesde, des Sarrazins et de la place de la Nouvelle Aventure, les commerçants l'ont répété en choeur : rien ne change dans le secteur. Trafiquants et insécurité sont fidèles au poste, malgré des patrouilles supplémentaires.
Et le sujet devient de plus en plus sensible. La preuve par le nombre : si lors de certaines réunions du genre, les commerçants étaient peu nombreux, cette fois, le rendez-vous a rassemblé une quinzaine de personnes. Même si « aucun commerçant de la rue Jules Guesde » n'est venu, souligne Gérard Oriol, président de l'Union commerciale. La preuve, aussi, par les acteurs présents. Cette fois, l'élu au commerce Jacques Mutez a fait le déplacement : « Vous vivez ça tous les jours », note-t-il.


Tous les jours. Et tous les soirs, surtout. Si on reconnaît avoir vu plus de policiers dans le quartier, on déplore les heures de passage. Gérard Oriol s'emporte : « Il ne faut pas venir l'après-midi ou le matin ! Il faut faire des descentes à 23 heures ! » À l'heure où le deal est roi, où les riverains accélèrent le pas en traversant la rue. Chacun y va de son anecdote. Ce commerçant explique que ses clients repartent régulièrement avec une vitre de voiture brisée. Un autre évoque des menaces.
Dans l'assemblée, pas uniquement des commerçants. Olivier Sergent, directeur de la maison Folie de Wazemmes est venu « pour être au courant de la vie de quartier, mais avant tout pour la question de la sécurité ». Pour lui, la pire période a été celle de mai et juin : « On s'est sentis abandonnés », soupire-t-il. Depuis, un petit mieux, mais sans plus. « Il faudrait des îlotiers, un travail de terrain, un suivi quotidien. On a l'impression que la volonté de la préfecture est de laisser pourrir... »
La préfecture
en point de mire

Même doute exprimé par Gérard Oriol : « Est-ce qu'on ne veut pas détruire Wazemmes et le rendre bourgeois comme le Vieux-Lille ? On n'accuse pas la mairie, mais plus haut, la préfecture ! » Les premiers concernés expliquent que la police nationale n'est pas assez présente. « Le dispositif a été prolongé, rassure Roger Vicot, adjoint à la sécurité. Ce n'est pas parce que la police est moins visible qu'elle n'est pas là. » Mais en attendant que les enquêtes ne donnent des résultats, « Wait and see » ? Le quartier, lui, est bien obligé de vivre avec cette insécurité : les commerçants déplorent une baisse du nombre de clients, Olivier Sergent voit l'affluence de la maison Folie diminuer. « Les gens vont à Saint-Sauveur, c'est plus tranquille », lance-t-il, amer. « Je peux comprendre que les gens soient exaspérés, conclut Maurice Thoré, président du conseil de quartier de Wazemmes. On y travaille, mais on ne réglera pas ça d'un coup de baguette. » w

Place de la Nouvelle Aventure : « No parking, no business » ?

Un parking gratuit, à Lille, forcément, ça attire les automobilistes. Surtout quand il est situé à une station de métro du centre-ville. Alors devant les Halles, ne pourrait-on pas aussi se garer le samedi ? Les commerçants s'interrogent. Ça commence par une discussion - agitée - sur une braderie à venir. La date a été choisie il y a quelques semaines, et ne plaît pas à tout le monde : samedi 13 février, c'est-à-dire la veille de la Saint-Valentin, jour particulièrement chargé pour nombre de commerçants. Or, qui dit braderie, dit passage de piétons et non stationnement de voitures sur la place de la Nouvelle Aventure. « On a un marché trois fois par semaine, je ne pense pas qu'on ait besoin d'une braderie ! » lance une commerçante en colère. Diane Wambergue, pharmacienne sur la place, ajoute : « On dit "No parking, no business"... Pour accéder aux commerces, la voiture est indispensable ! » Mais pour le président de l'Union commerciale, Gérard Oriol, l'affaire est déjà tranchée : la date a été arrêtée. Cette braderie sera la première de l'année à Lille. Pourtant, l'autorisation de la mairie n'a pas encore été délivrée pour la place du marché. La faute à l'Union commerciale de la rue Gambetta, souffle-t-on. « Si l'autorisation est donnée, nous n'avons rien à dire », tranche Richard Degezelle, président de l'Union commerciale montrée du doigt. La raison du tapage de lundi soir à ce sujet est bien évidemment en lien avec l'épineuse problématique du stationnement sur la place de la Nouvelle Aventure. Et les commerçants de profiter de l'occasion pour interroger : quid de l'espace situé en face de l'ancien Bazar de Wazemmes ? « Quand les gens se garent devant les Halles le samedi, la différence est radicale : on a 20 à 30 % de fréquentation en plus », explique Aude Guyon du magasin Coquine. Pour Marc Santré, l'adjoint au stationnement, la question n'est pas là, il faut avant tout assurer « une rotation du parking à l'arrière des Halles ». Soit rendre payant le stationnement place de la Nouvelle Aventure. Un sujet en réflexion du côté de la mairie, dont on reparlera assurément.M.TR.


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