Nouvelle dynamique sous les Halles ?
Publié le dimanche 29 novembre 2009 à 06h00
Il y a quelques mois, plusieurs commerçants quittaient les Halles de Wazemmes. Mais de nouveaux arrivants s'installent au fur et à mesure. D'ici quelques jours, seul un stand ne sera pas occupé. De quoi redynamiser la halle commerciale ?
MARIE TRANCHANT > lille@nordeclair.fr
Fin juillet, l'emblématique Cave aux fromages fermait son étal. On pressentait trop rapidement le même destin à la Marée boulonnaise. Il ne s'agissait que d'un changement de propriétaire. Bref, on s'inquiétait pour les Halles. Pourtant, le panorama actuel redonne confiance. Ces prochains jours, on attend l'ouverture d'un confiseur bio, d'un nouveau fromager (repris par une ancienne salariée de la Cave aux fromages) et d'un fournil bio qui proposera à partir de mardi du pain, des viennoiseries, des pâtisseries et des sandwiches bios.
Une question d'horaires
« On assiste à un redémarrage, se félicite Jacques Mutez, l'élu au commerce et aux marchés. C'est une nouvelle étape. » Outre ces commerçants arrivants, quelques têtes ont récemment fait leur apparition sous les Halles. Quai des saveurs, une épicerie fine, a ouvert fin août. « Il y a une bonne ambiance, témoigne Myriam Bourget, qui a ouvert le stand avec Catherine Pille. Et maintenant, les stands se remplissent. » Bientôt, seul l'emplacement situé juste à côté d'elles sera vide. Mais Jacques Mutez assure qu'il a déjà deux candidats pour s'y installer.
Mais alors, si les intéressés ne manquent pas et que les produits sont de qualité, pourquoi les Halles connaissent-elles des hauts et des bas ? Une commerçante de Lille pêche (qui a remplacé la Marée boulonnaise) pointe le manque d'animations, une autre les horaires, thème récurrent du lieu.
Certains voudraient les étendre, mais l'idée ne fait pas l'unanimité. Et en semaine, sous les Halles, c'est le calme plat. Les clients ne viennent que le week-end. Certains commerçants préfèrent alors ne pas ouvrir en semaine. Mais là, les trop rares curieux trouvent une partie des étals vides et font demi-tour. « Il y a une obligation d'horaires minimum, lance une commerçante. Mais certains ne jouent pas le jeu. » C'est le « serpent qui se mord la queue », ajoute Jean-François Dubois. Le fromager et caviste vient de changer d'emplacement. Au jeu des chaises musicales induit par le départ de la Cave aux fromages, il a été gagnant, avec un stand plus grand et plus sécurisé. « Je n'aurais pas pu relancer mon activité sans avoir cette place », admet-il avant d'aller plus loin : « Il faut relativiser cet épisode de fermeture, c'est ordinaire sous les Halles. Les commerçants entrent et sortent par rapport à leur histoire personnelle ou pour une question de rentabilité. C'était peut-être une crise salutaire. » Changer pour mieux rebondir ? C'est en tout cas le point de vue de plusieurs commerçants. La nouvelle vague de vendeurs pourrait redynamiser les Halles, à condition de pointer les vrais enjeux dès le départ. Alors, outre la distribution de torchons à l'effigie des Halles pour les fêtes et autres propositions pour fidéliser les clients, le marché couvert devra trouver son rythme et son équilibre.w Les Halles de Wazemmes, place de la Nouvelle Aventure. Mardi, mercredi, jeudi de 9 h à 13 h, vendredi et samedi de 9 h à 19 h et dimanche et fêtes de 8 h à 14 h.
Pour mieux comprendre les Halles de Wazemmes, il faut en connaître le statut. Si les commerçants présents sont indépendants, les lieux, eux, sont sous l'égide de la mairie. Une situation qui provoque pour certains l'ambiguïté. Si les Halles de Wazemmes sont si particulières, c'est probablement parce qu'elles oscillent entre deux pôles : entre marché et commerce traditionnel, commerçants non-sédentaires et sédentaires, public et privé. Parce que si l'on a affaire à des commerçants indépendants, les lieux, eux, appartiennent à la mairie. Les boulangers et autres bouchers ou poissonniers payent un loyer à la Ville en fonction du métrage de leur étal. Quant au choix des stands qui peupleront le lieu, il appartient à une commission paritaire composée de membres de la mairie et de représentants des commerçants qui se réunit dès qu'un changement intervient sous les Halles. Mais ce statut "entre deux" ne plaît pas à tout le monde : « Nous sommes des commerçants indépendants, mais nous sommes soumis à une administration pour les décisions, déplore Jean-François Dubois, fromager et caviste. La motivation de la mairie n'est pas en cause, mais ce n'est pas un acteur économique. » Et le commerçant de mettre l'inertie qu'il sent parfois sur le compte du lieu lui-même, considéré comme une part du patrimoine de la Ville. L'élu au commerce Jacques Mutez, lui, défend la situation actuelle qui permet à la Ville de « garder un oeil sur le fonctionnement et de mener une politique de qualité. Si on faisait passer cela en délégation de service public, il n'y aurait plus que la rentabilité. » Il rappelle également que les commerçants signent un cahier des charges et qu'il s'agit pour la Ville d'une « gestion de l'espace commun interne. On n'intervient pas sur leurs étals. » Si la formule n'obtient pas l'adhésion totale, elle convient à l'élu : « C'est une gestion commune en bonne intelligence, où chacun peut exprimer un point de vue. On arrive toujours à trouver un consensus. »w M.TR.





